Météo : Comment la Bretagne modère sa consommation électrique en cas de grand froid

ENERGIE Le service a été relancé par RTE en décembre…

Camille Allain

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Illustration d'un réseau électrique en hiver, ici dans la région de Rennes.
Illustration d'un réseau électrique en hiver, ici dans la région de Rennes. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

« La sécurité électrique en France sera plus délicate à assurer cet hiver ». La phrase est signée RTE (Réseau transport électricité) et date de début novembre. Elle illustre à elle seule la fragilité du réseau français, pénalisé par l’arrêt de plusieurs centrales nucléaires.

Un service efficace

Située en bout de ligne, la Bretagne, qui ne produit que 15 % de l’électricité qu’elle consomme, est évidemment concernée par cette fragilité. Si elle a entrepris de sécuriser et d’amplifier sa puissance électrique depuis plusieurs années, la région reste sous tension. En décembre, elle a donc relancé  son service Ecowatt, un dispositif d’alerte des habitants lors des pics de consommation qui pourrait être activé à l’occasion d’un nouvel épisode de froid.

Envoyée par mail ou par SMS à ses 58.000 abonnés, cette alerte a de vrais effets sur le réseau électrique. « On observe une baisse de 2 à 3 % de la consommation. C’est l’équivalent d’une ville de 100.000 habitants », explique Didier Beny, responsable de RTE dans l’Ouest.

Eteindre les terrains de foot, ralentir les escalators…

Lors de ces alertes, les habitants sont invités à une série de petits gestes, comme reporter les machines à laver, baisser le chauffage d’un degré. « Certaines communes sont abonnées. A Quimper, la ville demande aux entraîneurs de foot de décaler les entraînements pour éviter d’allumer les projecteurs. A Rennes, la ville réduit de 5 % la vitesse des escalators. Ce sont des petites choses », poursuit le responsable de RTE.

Le dispositif Ecowatt n’a pas été enclenché depuis 2012 et le dernier épisode de grand froid. Mais les autorités restent particulièrement vigilantes, notamment parce que la consommation électrique est en hausse dans la région. De 2006 à 2015, elle a progressé de 12 % en Bretagne, contre 3 % pour la moyenne nationale. « La consommation de chaque ménage baisse, mais nous avons gagné 200.000 habitants en moins de dix ans », détaille Didier Beny.