Lannion: La justice rejette les recours des opposants à l'extraction de sable

JUSTICE C'est au préfet de délivrer une nouvelle autorisation...

C.A.
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Manifestation à Lannion le 24 janvier 2015 pour pour protester contre un projet d'extraction de sable coquillier dans la baie
Manifestation à Lannion le 24 janvier 2015 pour pour protester contre un projet d'extraction de sable coquillier dans la baie — Damien Meyer AFP

Coup dur pour les opposants à l’extraction de sable en baie de Lannion (Côtes-d’Armor). Lundi, le Conseil d’État a rejeté leur recours contre le décret du 14 septembre 2014 autorisant la Compagnie armoricaine de navigation (CAN) à extraire le sable coquillier de la baie.

« Une incidence sur l’environnement »

Pour le Conseil d’État, une nouvelle enquête « n’est pas nécessaire », l’envergure du projet ayant été revue à la baisse à l’issue de l’enquête publique. Maigre consolation pour les opposants, le conseil d’Etat a reconnu que « cette exploitation aura une incidence sur l’environnement ». Mais ajoute que personne n’a prouvé « qu’il existait une alternative crédible à l’utilisation de ces sables ».

Le sable coquillier est un sable calcaire destiné à amender les terres agricoles, afin de diminuer leur acidité. La concession est accordée à la CAN pour une durée de 15 ans, le volume d’extraction étant limité à 250.000 m3 par an. Ce sera au préfet de décider chaque année des volumes à extraire.

La Compagnie armoricaine de navigation (CAN), filiale du groupe Roullier, qui a mené deux opérations d’extraction début septembre dans le secteur contesté, a annoncé à la mi-septembre la suspension de ses opérations. Cette extraction de sable a suscité un vaste mouvement de protestation.

Les besoins déjà satisfaits ?

Le Peuple des dunes, collectif d’associations, avait notamment dénoncé cette extraction parce qu’elle se déroule entre deux zones Natura 2000. Le collectif considère que les besoins des agriculteurs qui utilisent ce sable coquillier sont satisfaits déjà par deux autres gisements exploités par la CAN en Bretagne.

Un autre recours a aussi été déposé devant le tribunal administratif de Rennes contre les autorisations données par les préfets des Côtes-d’Armor et du Finistère à l’extraction elle-même.