VIDEO. Rennes: Visitez Maïlou, l’un des derniers ateliers français de fabrication de peluches

ECONOMIE Maïlou Tradition ouvre les portes de son atelier à Châteaubourg…

Camille Allain

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Onze personnes travaillent aujourd'hui au sein de Maïlou Tradition, l'un des deux derniers ateliers de fabrication de peluches de France. Ici le 28 novembre 2016.
Onze personnes travaillent aujourd'hui au sein de Maïlou Tradition, l'un des deux derniers ateliers de fabrication de peluches de France. Ici le 28 novembre 2016. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

En France, elles ne sont plus que deux. Les Petites Maries, à Blois (Loir-et-Cher), et Maïlou Tradition, à Châteaubourg, près de Rennes. Derrière ces deux noms se cachent les deux derniers ateliers de fabrication de peluches implantés en France. A l’image de Nounours ou de Blanchet, les grandes marques françaises de doudous ont toutes délocalisé leurs productions ces dernières années, pour aller trouver une main-d’œuvre moins chère.

« Plus personne ne voulait de nous »

Chez Maïlou, l’aventure du made in France a pu se poursuivre en 2011 grâce à la volonté de fer de quatre femmes. A leur tête, Annick Brault, qui a exercé 30 ans comme couturière chez Nounours avant d’être licenciée. « A l’époque, on ne parlait pas autant du made in France. On avait l’impression que plus personne ne voulait de nous ».

En produisant quelques centaines de peluches par mois, les quatre femmes ont réussi à maintenir le navire à flot, malgré la tempête. Cinq ans plus tard, l’équipage s’est même bien renforcé. Onze personnes travaillent à plein temps chez Maïlou. Samedi, l’atelier ouvrira ses portes au public afin de présenter la fabrication d’un nounours. « Nous réalisons entre 2.000 et 2.500 peluches par mois. C’est beaucoup de temps et d’énergie. On n’imagine pas qu’il faut 30 à 40 pièces pour faire une seule peluche », poursuit Réjane Riant.

« Une peluche à 2 euros, c’est impossible »

L’ancienne designer, aujourd’hui chargée de clientèle, ne se lasse pas de défendre son entreprise, qui vient d’emménager dans de nouveaux locaux. Au sein de la société, elle est la seule à tenter d’accrocher de nouveaux contrats. « Il y a cinq ans, on m’appelait pour me demander de fabriquer des peluches à deux euros. Mais c’est impossible en France. On a perdu la valeur des choses. Aujourd’hui, les entreprises viennent nous chercher car elles veulent des produits français ».

Les discours du ministre Arnaud Montebourg autour du made in France, ont visiblement aidé. De plus en plus d’entreprises font appel à Maïlou pour concevoir leurs peluches utilisées comme mascottes (Joker notamment) ou comme cadeaux, ce qui représente 90 % du chiffre d’affaires de la société.

Un rêve ? Fabriquer Erminig

Les 10 % restants sont réalisés grâce à la marque Maïlou, distribuée sur le net et dans quelques boutiques, mais aussi avec les collectivités. La ville de Vannes, par exemple, a fait fabriquer les doudous offerts aux nouveau-nés par les couturières de Maïlou.

« Mon rêve, ce serait de convaincre le Stade Rennais », lance Réjane Riant. Erminig, le message est passé.