Rennes : Comment le crowdfunding breton compte lever des millions

ECONOMIE La société GwenneG montée l’an dernier aide les entreprises à se financer…

Camille Allain

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Loïc Rolland (à gauche), directeur de la caisse des dépôts de Bretagne s'est engagé le 22 novembre 2016 avec Karim Essemiani, fondateur de la plateforme GwenneG.
Loïc Rolland (à gauche), directeur de la caisse des dépôts de Bretagne s'est engagé le 22 novembre 2016 avec Karim Essemiani, fondateur de la plateforme GwenneG. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Elle s’appelle GwenneG, ce qui veut dire « petits sous », en breton. Mais depuis son lancement, la plateforme bretonne de financement participatif a fait bien plus que récolter des petits sous.

En un peu plus d’un an, plus d’un million d’euros ont été levés en faveur de projets économiques lancés en Bretagne. « Nos campagnes ont un taux de réussite de 90 %. C’est très rare », assure Karim Essemiani, fondateur de GwenneG. A l’époque, le constat de cet ancien entrepreneur était simple. « De nombreuses entreprises n’osaient pas conquérir de nouveaux marchés, faute de financement ».

Brasserie mobile ou start-up de cyberdéfense

En un an, une grosse cinquantaine de projets ont été soumis à la générosité des internautes. Mais contrairement aux plateformes comme Ulule ou KissKissBankBank, seules les initiatives économiques ont été acceptées. « Nos adhérents ne cherchent pas juste des financements. Ils veulent aussi sonder leurs clients », poursuit le fondateur, qui assure que 240 emplois ont été créés dans la région grâce à ses campagnes.

De la brasserie mobile, au boucher en passant par la start-up spécialiste de la cyberdéfense et le salon de bien-être, GwenneG ratisse large. Elle est surtout très ambitieuse. Dans un marché en plein essor, elle espère participer à la création de 5.000 emplois d’ici cinq ans sur le territoire breton.

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Et les pros y croient. Sommée d’accroître son capital par l’Autorité des marchés financiers, la société a réussi à convaincre 134 patrons de lui verser 200.000 euros pour l’aider financièrement. Mardi, c’était au tour de la Caisse des dépôts et de la région Bretagne d’apporter leur soutien à hauteur de 400.000 euros dans le cadre d’une expérimentation unique. « Ce mode de financement permet de tester l’intérêt des habitants pour un projet. Avant de se lancer, c’est un bon indicateur », estime Loïc Rolland, directeur régional de la caisse des dépôts.

Pour se développer, GwenneG a aussi fait le pari de mobiliser les investisseurs, et pas seulement les particuliers prêts à verser cinq euros. En plus des dons, elle propose aux contributeurs de prêter de l’argent voire d’investir au capital des sociétés. Blacknut, qui se présente comme « le Netflix des jeux vidéo » a ainsi levé plus de 600.000 euros via la plateforme GwenneG. « Ce n’est qu’un début », promettent les responsables de GwenneG.