Ligue 1: «J’ai fait le mauvais choix en allant au Stade Rennais», regrette Daniel Moreira

INTERVIEW L'ex-attaquant raconte son calvaire en Ille-et-Vilaine, alors qu'il était auparavant adoré à Toulouse...

Propos recueillis par Jeremy Goujon

— 

Daniel Moreira lors d'un Stade Rennais-Monaco, en août 2006.
Daniel Moreira lors d'un Stade Rennais-Monaco, en août 2006. — D. Vincent / AP / Sipa

Ancien chouchou du Stadium à Toulouse, Daniel Moreira avait connu (beaucoup) moins de réussite durant son passage au Stade Rennais (2006-2009). À deux jours de l’affrontement entre les deux clubs, entretien avec l’ex-international français (39 ans), revenu dans sa région d’origine.

Une question simple pour commencer : que devenez-vous ?

Je m’occupe depuis quatre ans de l’équipe CFA de Lens, avec Éric Sikora. On essaye chaque semaine de sortir deux-trois jeunes, pour qu’ils puissent éventuellement intégrer le groupe pro d’Alain Casanova [Ligue 2].

Vous êtes également très porté sur le golf, non ?

Oui, à côté du foot, je suis président de l’association sportive du golf d’Arras. Avec les entraînements au Racing et les réunions le soir pour savoir comment on peut faire évoluer la chose au golf, ça me fait de bonnes journées, c’est bien.

Il vous reste du temps pour suivre les performances du Stade Rennais et du TFC ?

Oui, parce que je ne regarde que du foot. J’adore ça, donc je suis ça de près. Quand je fais ma séance spécifique avec les attaquants U16, U17 ou U19, je vois les buts du week-end en Ligue 1, ou ceux de la Ligue des champions, afin de les reproduire. Les jeunes regardent pas mal le foot, comme ça, au moins, ils ont un visuel par rapport à la veille ou avant-veille.

Le but rennais contre Angers (1-1), avec la connexion parfaite entre Ludovic Baal et Giovanni Sio, a dû peut-être vous inspirer ?

J’ai vu ça… Tous les ans, on attend que Rennes soit dans les deux-trois premiers (sic). Ou il démarre bien avec un creux derrière, et a du mal à finir, ou c’est le contraire. Pour moi, ils ont l'effectif pour y arriver, et de l’autre côté, il y a un club comme Toulouse qui s’en est sorti l’année dernière grâce au boulot énorme et à la tchatche de Pascal Dupraz.

>> A lire aussi : Toulouse: «J’aurais aimé être entraîné par un type comme moi», glisse le coach du TFC Pascal Dupraz

Pendant les vacances, je suis allé à Toulouse, j’ai vu un peu tout le monde dont le directeur sportif [Ali Rachedi], et ils m’ont dit que Dupraz avait apporté quelque chose. Ils espèrent rebondir après leur défaite contre Metz (1-2), du coup ça peut être un bon petit match à Rennes.

Doit-on en déduire que vous êtes plus proche du TFC que du SRFC, ce qui correspondrait aux fortunes diverses lorsque vous jouiez pour les deux ?

C’est ça, je suis très proche de Toulouse. J’ai encore beaucoup de personnes de là-bas au téléphone, et elles sont hyper contentes quand on se revoit. Par contre, à Rennes, je n’ai pas eu de retour, personne ne m’a vraiment sollicité. Quand je suis arrivé là-bas, on m’avait dit : « Ici, personne ne se côtoie ». Ce n’est pas ce que je préconise au niveau du football. Pour moi, le foot, c’est un tout, c’est un groupe… et je n’ai pas ressenti ça au Stade Rennais.

>> A lire aussi : Pour son ancien manager et entraîneur, le Stade Rennais est «surcoté»

Pour en avoir discuté avec plein d’anciens joueurs, notamment Olivier Thomert, ça explique peut-être leur absence dans le haut du classement et le manque d’ambition, même si on sait maintenant que c’est difficile de jouer les premiers rôles avec des clubs comme Paris.

Vous pointez un manque d’esprit d’équipe, où chacun restait dans son coin à l’époque ?

Voilà, c’était ça. Alors qu’on n’avait même pas démarré le championnat, les premiers discours m’avaient frappé : « Personne ne se côtoie, mais on doit montrer qu’on est le meilleur club de la région, il faut que ça se voie… » C’était un peu bizarre. Après, j’ai eu une blessure, j’ai perdu des années… mais ça m’a forgé le caractère.

En 2010, vous déclariez, à propos de votre transfert de Toulouse à Rennes : « Avec le recul, j’ai peut-être fait le mauvais choix ». Peut-on enlever le « peut-être » en 2016 ?

Oui, c’est clair ! J’ai fait le mauvais choix en allant là-bas, mais ça, on ne pouvait pas le savoir. Au départ, j’y allais parce que le Stade Rennais jouait la Ligue Europa. Je sortais de deux années à Toulouse où ça s’était super bien passé, mais je voulais voir plus haut. À l’époque, j’avais la possibilité de signer à Rennes ou à Saint-Étienne. Avec mon caractère, peut-être que Saint-Étienne était plus adapté… Mais ce sont des faits de carrière, et je ne peux pas revenir en arrière.

Les remarques moqueuses des supporters rennais, en raison de votre inefficacité [aucun but en 47 matchs], vous ont-elles blessé ?

Quand j’y étais, oui. À chaque fois, j’étais un peu plus craintif quand j’entrais sur le terrain, je me demandais ce qui allait se passer… La première année, j’ai quand même disputé plus de 30 matchs, et on a fini 4es. L’année d’après, je me blesse pendant la préparation, où John Mensah me pète le tibia-péroné (sic). J’en ai eu pour cinq-six mois, donc la deuxième saison était bien fichue. Quand j’ai eu la possibilité d’aller à Grenoble [en prêt], un club qui voulait s’en sortir et où la mentalité me correspondait, je suis arrivé là-bas et j’ai tout de suite marqué. J’y ai retrouvé le goût de jouer.