Une amende d’un million d’euros requise après une pollution record au large de Brest

JUSTICE Une nappe d’hydrocarbures de 35 kilomètres de long avait été découverte le 24 février dans le sillage d’un navire…

J.G. avec AFP
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Une pollution de 35 km de long avait été observée dans le sillage du Thisseas le 26 février dernier.
Une pollution de 35 km de long avait été observée dans le sillage du Thisseas le 26 février dernier. — Marine Nationale

Le Thisseas est-il responsable d’une pollution record de 35 kilomètres de long sur 50 mètres de large observée en dernier au large de Brest ? C’est l’avis du parquet de Brest qui a requis ce jeudi une amende d’un million d’euros à l’encontre de l’armateur grec qui exploitait le cargo. Lors d’un vol de surveillance effectué le 24 février dernier, la Marine nationale avait détecté une nappe d’hydrocarbures de plusieurs kilomètres de long dans le sillage du Thisseas, un vraquier de 225 mètres battant pavillon du Liberia.

Le navire, en provenance de Saint-Pétersbourg et en direction de la Chine, avait été détourné sur Brest où il avait été immobilisé jusqu’au versement d’une caution de 500.000 euros par la société Laskaridis Shipping, poursuivie en tant que personne morale.

Le capitaine du navire se serait suicidé quelques jours plus tard

« On a vraiment beaucoup d’éléments qui montrent qu’il s’agit d’une faute volontaire », a estimé le procureur de la République à Brest, Eric Mathais, soulignant « la mauvaise foi particulière de l’équipage », qui n’a pas reconnu les faits.

Eric Mathais a également requis l’extinction de l’action publique à l’égard du capitaine du navire, de nationalité ukrainienne et qui était lui aussi poursuivi. Ce dernier se serait suicidé en se jetant du Thisseas quelques jours après son départ de Brest. Aucun certificat de décès n’a cependant été établi.

Une dizaine d’associations se sont portées parties civiles

La défense a plaidé l’extinction de l’action publique à l’encontre du capitaine, ainsi que la relaxe de l’armement grec, estimant que celui-ci n’était pas à proprement parler l’armateur du navire, mais seulement son gestionnaire en charge de la sécurité. Elle a également plaidé l’exception d’incompétence, estimant que la France n’était pas compétente pour juger cette affaire.

Une dizaine d’associations se sont portées parties civiles, dont le syndicat de communes littorales Vigipol, France nature environnement, Sea Shepherd et, pour la première fois dans une affaire de pollution maritime,Robin des Bois.