Rennes: Un terrain d’entente bientôt trouvé entre la ville et l’Elaboratoire

URBANISME Le collectif d’artistes va devoir déménager de la plaine de Baud-Chardonnet où un nouveau quartier sort de terre…

Jérôme Gicquel

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Le 48, boulevard Villevois Mareuil, où sont installés les ateliers des artistes de l'Elabo.
Le 48, boulevard Villevois Mareuil, où sont installés les ateliers des artistes de l'Elabo. — J. Gicquel / APEI / 20 Minutes

La plaine de Baud a pendant longtemps été une friche industrielle à l’abandon. D’ici quelques années, le site va être totalement transfiguré avec la livraison d’ici 2025 de la future Zac Baud-Chardonnet. A cette date, le quartier devrait alors accueillir plus de 5.000 habitants, un groupe scolaire, deux crèches, des bureaux et une surface commerciale de 2.500 m2.

Pour l’heure, le ballet des pelleteuses et autres engins de chantier suit son cours sur la plaine. A quelques mètres de là, plusieurs caravanes occupées par des artistes de l’Elaboratoire veillent au grain, à proximité du théâtre qui leur sert de lieu de création et de répétition pour le spectacle vivant.

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Installé depuis près de 20 ans sur le site, le collectif devra toutefois libérer le terrain des chapiteaux d’ici la fin 2017. « L’objectif est de transférer toutes les caravanes au 48, boulevard Villebois Mareuil que l’Elabo occupe déjà », souligne Benoît Careil, élu à la ville de Rennes en charge de la culture. En contrepartie, le 17 bis, bâtiment historique du collectif, sera conservé pour un temps et fera l’objet de travaux pour la sécurité et l’accueil du public. « C’est important de garder cet espace de création alternatif », poursuit l’élu.

Une convention bientôt signée entre les deux parties

Fruit de longues discussions, parfois houleuses, amorcées depuis plusieurs mois, une convention de mise à disposition des lieux doit être prochainement signée entre les deux parties avec un bail d’une durée de cinq ans qui sera proposé, et éventuellement la possibilité de le renouveler pour trois ans. « On est désormais obligé d’instaurer quelque chose de plus cadré », indique Benoît Careil.

« Les premières réunions ont été assez compliquées car les conditions imposées par la municipalité n’étaient pas adaptées à nos besoins et à nos modes de vie. Mais nous sommes désormais dans le dialogue. Nous voulons juste continuer à exercer nos activités et garder notre autonomie », assure Aude, secrétaire de l’association. « On aimerait quand même conserver un peu de terrain près du 17 bis pour garder un œil sur le théâtre », suggère Georges, sculpteur installé à l’Elabo depuis près de dix ans.

Le collectif veut rester à Rennes

La convention bientôt signée, se pose déjà la question de l’après. Car le 48, boulevard Villebois Mareuil, où sont installés les ateliers d’artistes et où vivent une vingtaine de personnes, est situé en plein dans le périmètre de la future Zac. Pas question donc pour la municipalité que les artistes restent indéfiniment sur place.

Courant 2013, des discussions s’étaient engagées pour le déménagement du collectif à Pont-Péan, commune située au sud de Rennes. Elles n’avaient finalement pas abouti, le collectif refusant notamment de quitter Rennes. « Nous cherchons une solution alternative », souligne Benoît Careil. « On verra ce que l’on nous propose mais on ne sortira pas de Rennes », assure Aude.