Affaire Bagelstein: La cour d'appel allège les condamnations des manifestants

JUSTICE Quatre manifestants avaient écopé de prison ferme en première instance...

C.A.
— 
La franchise Bagelstein a ouvert son restaurant en 2015 à Rennes.
La franchise Bagelstein a ouvert son restaurant en 2015 à Rennes. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Quelques noms d’oiseaux, un coup de poing et un gros retentissement médiatique. Le 26 mai, quatre jeunes hommes qui quittaient la manifestation contre la loi Travail s’étaient rendus devant le restaurant Bagelstein de Rennes.

Une altercation avait éclaté autour de la communication jugée sexiste de la marque. Le gérant avait été légèrement blessé. Les quatre manifestants, aux casiers judiciaires vierges avaient écopé de peines de prison ferme. « Totalement disproportionné », selon leurs avocats.

>> A lire aussi: Pourquoi l'affaire Bagelstein a pris une telle ampleur

Six mois plus tard, la cour d’appel de Rennes s’est prononcée sur leur cas. Les juges ont finalement été beaucoup moins sévères en condamnant l’auteur du coup de poing à deux mois de prison avec sursis. Les trois autres individus écopent quant à eux d’une peine de huit jours avec sursis.

Maître Olivier Pacheu, avocat au barreau de Rennes, ici à la cour d'appel.
Maître Olivier Pacheu, avocat au barreau de Rennes, ici à la cour d'appel. - C. Allain / APEI / 20 Minutes

Pour leurs avocats, cette décision n’apporte pas entière satisfaction. « Il y a de la déception car ils méritaient la relaxe. Condamner à huit jours avec sursis ça n’a aucun sens », commente Me Olivier Pacheu. Comme leur culpabilité a été reconnue, les prévenus ne pourront pas demander réparation pour le préjudice des mois passés en prison. « Mais on voit que les faits reprochés ne méritent pas un placement en détention. C’est un désaveu pour la juridiction de première instance », abonde Me Nicolas Prigent. Les avocats n’excluent pas un pourvoi en cassation.

Le gérant retire sa plainte

Lors de l’audience devant la cour d’appel, tous avaient clamé leur innocence. Seul le plus jeune, âgé de 19 ans, avait admis avoir porté un coup. « Il m’a attrapé par le cou. J’étais certain qu’il allait me frapper. Dans la panique, j’ai balancé mon poing dans son visage. »

Les avocats avaient tous plaidé la relaxe de leurs clients. L’avocat général avait, lui, demandé le maintien de la condamnation. « La réponse judiciaire avait été extrêmement sévère dans un contexte de désordre apocalyptique. Mais une justice à la hache répond à des comportements à la hache. Leur culpabilité ne fait pas de doute », avait-il déclaré.

Le gérant du restaurant Bagelstein avait quant à lui retiré sa plainte avant l’audience, après avoir rencontré les jeunes et leurs familles, assurant « regretter l’ampleur prise par cette affaire ».