Le Lorientais André-Pierre Gignac face au Nantais Mauro Cetto, le 26 août 2006.
Le Lorientais André-Pierre Gignac face au Nantais Mauro Cetto, le 26 août 2006. — D. Vincent / AP / Sipa

FOOTBALL

FC Lorient: Il y a dix ans, André-Pierre Gignac se révélait en ridiculisant le FC Nantes

L'attaquant de l'équipe de France avait mis trois buts en moins d'une demi-heure...

On ne sait pas si André-Pierre Gignac suivra le Lorient-Nantes de samedi (20 h). On sait en revanche que personne n’a oublié son retentissant hat-trick du 26 août 2006 face aux Canaris (3-1), surtout pas Raymond Domenech. Alors sélectionneur de l’équipe de France, le « Ray » avait été agréablement surpris par « Dédé », jeune Merlu de 20 ans à qui il allait offrir plus tard sa première cape…

  • Devancé par un Papy(s)

En partie formé au FC Lorient, avec lequel il inscrit son premier but professionnel le 13 août 2004 (entré en jeu à la 78e minute, il marque à la… 78e), le Martégal André-Pierre Gignac revient dans le Morbihan après avoir été prêté à Pau (2005-2006). « Un bon prêt en National [huit buts en 20 matchs] », dixit son ancien coéquipier Fabrice Abriel.

La concurrence s’annonce toutefois rude au FCL, de retour en Ligue 1. « Dans la hiérarchie des attaquants, il était 4e ou 5e », se souvient un autre de ses ex-partenaires, Guillaume Moullec. Gignac s’assoit ainsi sur le banc lors des trois premières journées, l’entraîneur Christian Gourcuff lui préférant par exemple Papys M’Bodji. Mais la roue tourne pour la réception du FC Nantes. « Steve Marlet n’était pas prêt, Fabrice Fiorèse était blessé, du coup il a joué avec Rafik Saïfi. Et il a saisi sa chance », rappelle Moullec.

André-Pierre Gignac (avec Guillaume Moullec derrière lui) indique le nombre de buts inscrits face à Nantes, le 26 août 2006.
André-Pierre Gignac (avec Guillaume Moullec derrière lui) indique le nombre de buts inscrits face à Nantes, le 26 août 2006. - D. Vincent / AP / Sipa
  • Lulu, bévue et veine de co**

Titulaire face au FCN, Dédé Gignac démarre son festival dès la 2e minute avec un coup franc dans la lucarne. La première réalisation de sa carrière en L1. « J’avais parlé avec Stéphane Pédron [joueur lorientais] après le match, il m’avait dit que Gignac mettait souvent des coups francs comme ça à l’entraînement », déclare Nicolas Savinaud, présent à l’époque dans le camp nantais. « L’enroulé pied droit, c’était son point fort, corrobore Abriel. Pour nous, c’était logique qu’il marque sur cette action. »

Si Frédéric Da Rocha égalise en faveur des Canaris (12e), Lorient reprend l’avantage avec la complicité du gardien adverse, le Serbe Vladimir Stojković (15e). « J’ai le souvenir qu’il se troue sur un ou deux buts », confirme Savinaud. « Je lance Dédé en profondeur, il frappe et Stojković fait une faute de main », décrit Moullec.

La chance s’invite ensuite sur le troisième but, où le centre de Gignac se transforme en lob victorieux (27e). « Il n’a pas voulu tirer, puisqu’il n’a pas de pied gauche, se marre Fabrice Abriel. Il a fait du mieux qu’il pouvait, et ça termine dans le petit filet. » Auteur d’un triplé en une mi-temps, l’intéressé accomplira de nouveau cette performance en janvier 2016, avec les Tigres de Monterrey (Mexique).

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  • Du Moustoir aux Bleus

« On a lancé sa carrière », estime l’ancien Nantais Nicolas Savinaud, qui révèle qu’« aucun plan anti-Gignac » n’avait été préparé, « car on ne le connaissait pas ». Tandis que les Jaune et Vert continueront de sombrer, au point d’être relégués en Ligue 2 pour la première fois de leur histoire, André-Pierre Gignac finit l’exercice 2006-2007 nanti de neuf buts et six passes décisives. Une efficacité qui le conduit à Toulouse (2007-2010), puis à l’OM (2010-2015), mais également en équipe de France.

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Ironie du sort, il honore sa première sélection un 1er avril (2009, face à la Lituanie), alors que les compliments de Domenech, deux ans et demi plus tôt, avaient été perçus comme une plaisanterie par les observateurs. « Il avait sûrement décelé son culot, sa spontanéité devant le but et sa grosse envie », pense pour sa part Abriel, qui ne voyait pas, au départ, APG aller aussi haut. « Même pas dans un grand club français », ajoute l’ami de Nicolas Anelka. Mais depuis Lorient, Dédé, dont « (la) grande force est d’avoir une énorme confiance en lui », selon Guillaume Moullec, a eu le temps de progresser…