En Bretagne, on imprime les CV des chômeurs sur des sets de table

EMPLOI L'opération a été lancée à Lamballe, dans les Côtes d'Armor...

Camille Allain

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Le restaurant La Mère Rondel à Lamballe, où les mini CV sont sur les tables de la terrasse.
Le restaurant La Mère Rondel à Lamballe, où les mini CV sont sur les tables de la terrasse. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

« Pascal, cuisinier expérimenté, recherche un poste de cuisinier de collectivité, planification des menus, gestion de stocks ». Depuis lundi, ce demandeur d’emploi de la région de Lamballe (Côtes d’Armor) voit son mini CV s’afficher sur des sets de table.

Une trentaine de restaurants de la ville ont accepté de participer à l’opération menée par Pôle Emploi et le Crédit Agricole mettant en avant 49 chômeurs de la région.

« Ils reprennent confiance »

L’opération avait été initiée l’an dernier sur le même secteur. « Nous avions une centaine de mini CV. Deux mois après, 70 % des gens avaient retrouvé un poste », se félicite Mikaël Keravis, responsable d’équipe à Pôle Emploi. Le point négatif, c’est que seuls 20 % des candidats avaient dégoté un contrat de plus de six mois. « L’important, c’est de remettre les gens sur le chemin de l’emploi. En étant mis en valeur comme ça, ils reprennent confiance », poursuit le responsable.

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Comme l’an dernier, Pôle Emploi a sélectionné 49 profils « parmi les plus éloignés », dont les CV ont été imprimés sur 14.000 sets de table visibles pendant 15 jours. « Ça peut engendrer une discussion au restaurant entre patrons autour de l’embauche », glisse Mikaël Keravis.

Dans le bourg de la petite ville des Côtes d’Armor, la plupart des restaurateurs ont joué le jeu, mais avec plus ou moins de sérieux. « J’ai oublié de les sortir, je le ferai demain », promet une serveuse. « Je ne les mets qu’en terrasse, parce qu’à l’intérieur, ça ne va pas avec la déco », poursuit une autre restauratrice. « Ça ne nous coûte rien et ça peut aider des gens », corrige le patron de la pizzeria La Passerelle.

Ni photo, ni nom de famille

A sa table, quatre clients ont posé les coudes sur les fameux sets de table. La plupart sans s’en rendre compte. « C’est une bonne idée. Nous, on recrute toujours par les agences intérim. Mais si je vois un profil qui me plaît, je le contacterai », assure Denis, patron d’une société de BTP.

Pour ne pas stigmatiser ses candidats, Pôle Emploi a préféré ne pas afficher de photo, ni le nom de famille des demandeurs d’emploi. D’autres actions similaires devraient être menées ailleurs en Bretagne.