Harcèlement de rue: A Rennes, un collectif part en guerre contre les relous

SEXISME De nombreuses affiches avaient déjà été éditées l’an dernier…

Camille Allain

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Cynthia et Soraya, du collectif Stop harcèlement de rue, ici à Rennes le 4 octobre 2016
Cynthia et Soraya, du collectif Stop harcèlement de rue, ici à Rennes le 4 octobre 2016 — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Il est midi et les abords du restaurant universitaire de Villejean ne désemplissent pas. Au milieu des étudiants de Rennes 2, une poignée de jeunes femmes distribue des tracts frappés de petits dessins dénonçant le harcèlement de rue. « Nous voulons être visibles, que les gens prennent conscience de ce que les femmes subissent au quotidien », explique Soraya, membre du collectif Stop harcèlement de rue.

« Pas un objet sexuel »

Sur son flyer, l’association joue la provoc’et propose la création de « zones sans relou ». « Il y a les regards insistants, des mains mal placées dans les transports en commun, les insultes. Moi ce que je veux, c’est être libre de mettre une jupe ou un décolleté sans être vue comme un objet sexuel », poursuit Soraya. L’an dernier, le collectif rennais s’était déjà distingué en diffusant 600 affiches dans les différents bars et discothèques de la ville. « Avec les flyers, nous voulons parler, sensibiliser. »

Chez les étudiants, l’accueil est bon et le public plutôt averti. « J’ai une copine qui a subi ça le week-end dernier quand on buvait un verre. Pas un truc très grave, mais on voyait que ça l’embêtait », raconte Yann, la vingtaine. « Et tu te verrais intervenir si une femme se faisait harceler dans la rue ? », demande Cynthia, membre du collectif. « Bah oui, mais ça dépend aussi de la situation. Et combien ils sont. Il ne faut pas non plus tomber dans la paranoïa », répond Ronan. Avec ses flyers, le collectif rennais aimerait inciter les hommes à agir quand ils sont témoins de situation de harcèlement de rue.

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A quelques mètres de là, la vice-présidente de l’université Rennes 2 guette. « Le sexisme, c’est avant tout une question d’éducation. Ça commence bien avant la fac, sans doute dès la maternelle, mais il y a encore beaucoup d’irresponsabilités », assure Christine Rivalan-Guégo.

Pour étayer son propos, la vice-présidente en charge des questions d’égalité prend en exemple la polémique ayant éclaté la veille à propos d’une soirée « Plombiers VS chaudières » organisée par des étudiants en médecine. « Ils le font pour rigoler. Mais tous les mots ont du sens et les auteurs ne le mesurent pas. C’est ça le sexisme ordinaire », estime l’universitaire. Pour que le message passe, les distributions de tracts seront renouvelées plusieurs fois dans l’année.