La Bretagne veut nous faire manger des algues

PLANETE La région cherche à développer sa filière d’algoculture alimentaire…

Jérôme Gicquel

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Les algues sont très consommées dans les pays asiatiques.
Les algues sont très consommées dans les pays asiatiques. — Sonny Tumbelaka afp.com

Mangera-t-on un jour des makis préparés à partir d’algues élevées en Bretagne ? C’est ce qu’espèrent les élus du Conseil régional qui cherchent à développer l’algoculture sur les côtes bretonnes. Contrairement aux pays asiatiques où la culture en masse des algues est très répandue, la filière peine à se développer dans la région.

Sur les 72.000 tonnes d’algues produites l’an dernier en Bretagne, seulement 350 étaient issues de la culture. « Cela reste très marginal comme mode de production. La quasi-totalité de la production est issue de la récolte avec les goémoniers », indique Pierre Karleskind, vice-président de la région Bretagne chargée de la mer et des infrastructures portuaires.

Des smoothies à base d’algues déjà sur le marché

Pour inverser la tendance et développer l’algoculture en Bretagne, la région avait engagé en 2012 un plan baptisé Breizh’Alg. Quatre ans plus tard, les résultats se font toujours attendre. « Plusieurs freins peuvent expliquer ce retard. Certains projets de culture d’algues étaient bien lancés comme à Moëlan-sur-Mer mais il y a eu une levée de boucliers d’habitants s’inquiétant de l’impact sur le paysage et l’environnement marin », souligne François-Claude Plaisant, sous-préfet de Saint-Malo.

« La question des débouchés se pose également. Pour l’heure, le consommateur manque de connaissances sur les algues alimentaires. Les gens mangent des algues quand ils ne le savent pas », poursuit le sous-préfet. Certains entrepreneurs bretons ont déjà flairé le filon de « l’or brun » comme Tête en Mer qui commercialise des smoothies à base d’algues ou Globe Export qui a développé toute une gamme de produits à base d’algues alimentaires.

Une image ternie par les algues vertes

Malgré ces initiatives, la production bretonne peine à décoller. « Nous importons 70 % des algues que l’on consomme en France », précise François-Claude Plaisant. Pour satisfaire cette demande intérieure, la région va donc relancer un programme d’investissement avec 13 millions d’euros qui vont être injectés d’ici 2020 dans le développement de l’aquaculture.

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« La Bretagne bénéficie d’une extraordinaire diversité d’algues et dispose de tout l’environnement et de la technologie pour développer la culture d’algues. Il va donc falloir réussir à lever les freins car il y a un vrai potentiel, aussi bien dans l’alimentation ou la cosmétique », assure Pierre Karleskind. Pour transformer l’essai, la région devra aussi se débarrasser de l’image négative qu’elle traîne avec les algues vertes.

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