Bretagne: Face à la menace islamiste, le Raid forme l'élite des policiers étrangers

SECURITE Le Raid a dû faire face à plusieurs attentats ces derniers mois…

C.A. avec AFP

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Illustration d'un exercice du RAID, ici à Bordeaux.
Illustration d'un exercice du RAID, ici à Bordeaux. — SIPA

Ils sont membres du SWAT de Los Angeles ou des forces spéciales canadienne, allemande, suisse, polonaise, lituanienne, tunisienne, algérienne, sénégalaise et taïwanaise. Pendant 15 jours, ces 20 policiers d’élite venus du monde entier ont séjourné à Rennes et Saint-Malo pour s’imprégner des techniques du Raid dans la gestion des attentats.

« Ils ont connu beaucoup d’attaques »

Depuis janvier 2015 et les attaques à l’Hyper Cacher, au Bataclan à Saint-Denis ou Magnanville, l’unité d’élite de la police française a acquis bien malgré elle un précieux savoir-faire contre les djihadistes islamistes. « Nous sommes venus voir les tactiques qu’ils ont développées, car ils ont connu beaucoup d’attaques coordonnées », raconte Pat, membre du SWAT plus habitué aux États-Unis à « des loups solitaires ».

« En Europe, peu d’unités ont eu ce genre d’expérience », renchérit Fabien, 43 ans, de la SEK de Berlin. Durant ces deux semaines, ce Français expatrié en Allemagne a découvert que « le Raid faisait beaucoup de choses qui correspondent à ce que l’on fait aussi. On a les mêmes réflexions sur la façon de réagir, de se déplacer ». En août, l’unité d’élite était intervenue à Rennes, pour interpeller un homme soupçonné de radicalisation.

Beaucoup de matériel

Pour les policiers étrangers, la différence réside surtout dans le matériel utilisé. Depuis les attentats, « ils ont reçu beaucoup de matériel, en comparaison avec la ville de Berlin. Il est plus varié », selon le policier franco-allemand. Outre l’usage intensif des boucliers, le policier a été « très impressionné par les différents types de grenades dont ils disposent ». A ses yeux, « la France a fait un bond en avant, surtout au point de vue législatif. En Allemagne, ce serait impensable d’utiliser de telles grenades comme les flash-bang (grenades incapacitantes). C’est très efficace et ça a un sens, surtout pour la sécurité des opérateurs ».

De son côté, le Raid a pu s’inspirer du travail mené à Québec. Meurtrie par des attaques isolées, la province propose aujourd’hui une formation à tous ses policiers. « Il y a moyen de s’organiser en groupe de quatre policiers pour lancer les premières actions : à quatre, vous rentrez, vous faites quelque chose, vous engagez le tireur, dans le but de changer sa cible. Ça donne une chance aux victimes », explique Nicolas, du Groupe tactique d’intervention (GTI) de la ville de Québec. Le stage a pris fin le 23 septembre.