Rennes: L'étude sur la rocade fait l'éloge du 90 km/h

AUTOMOBILE L’expérimentation pourrait servir d'exemple dans d'autres agglomérations

Camille Allain

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Un camion d'Air Breizh est garé au bord de la rocade de Rennes pour mesurer la pollution de l'air.
Un camion d'Air Breizh est garé au bord de la rocade de Rennes pour mesurer la pollution de l'air. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

A partir de samedi minuit, la vitesse sur la rocade de Rennes sera rétablie à 90 km/h. L’expérimentation menée pendant un an a prouvé que la réduction à 70 n’avait aucun effet sur la pollution et générait même plus de ralentissements.

Le passage de 110 à 90 a quant à lui produit des effets plus spectaculaires. Les émissions de dioxyde d’azote ont ainsi chuté de 30 à 40 % sur la zone concernée. « Il ne faut pas donner l’idée que cette expérience est un échec. Nous avons des effets très positifs », a répété le préfet de région Christophe Mirmand, lors de l’annonce du retour à 90 lundi.

« Ce qui a été collecté ici sera utile ailleurs »

Par son ampleur, l’expérience conduite pendant un an est unique en France. « C’est la plus grande étude de la qualité de l’air jamais menée », confirme la directrice d’Air Breizh Magali Corron. « Ce qui a été collecté ici sera utile ailleurs », assure la maire Nathalie Appéré. Plusieurs villes françaises comme Bordeaux, Lille ou Nantes pourraient profiter des résultats de l’étude pour faire évoluer la vitesse sur leur périphérique.

L’idéal du 70 est ainsi remis en question. « La vitesse de 70 km/h est reconnue dans le monde comme l’allure optimale pour la fluidité du trafic. Nous nous rendons compte que c’est peut-être vrai en rase campagne, mais pas sur une quatre-voies », reconnaît Frédéric Lechelon, directeur régional de la DirOuest.

« Paris est un cas unique en France »

L’étude a notamment prouvé que la présence de camions sur la rocade rennaise (12 % du trafic) avait sans doute annulé les effets positifs des véhicules légers. Passer le périphérique à 70 serait donc inefficace pour lutter contre les émissions de dioxyde d’azote. En 2014, Paris l’avait imposé, ce qui lui avait permis de diminuer de 15 % le nombre d’accidents. « Mais Paris est un cas unique en France », précise la DirOuest.

L’expérimentation menée à Rennes montre cependant qu’une réduction de la vitesse sur les portions limitées à 110 ou 130 participe grandement à l’amélioration de la qualité de l’air. L’an dernier, la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal avait proposé que les autoroutes traversant les villes soient limitées à 90 km/h. Reste à savoir quel impact aura la baisse de la vitesse sur les émissions de microparticules. A ce sujet, les résultats ne seront connus qu’en novembre à Rennes.