Ligue 1: Ce qui a changé à Guingamp avec l'arrivée d'Antoine Kombouaré

FOOTBALL L'entraîneur a succédé à Jocelyn Gourvennec sur le banc de touche costarmoricain...

Jeremy Goujon
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Le coach Antoine Kombouaré réalise d'excellents débuts avec l'En Avant de Guingamp.
Le coach Antoine Kombouaré réalise d'excellents débuts avec l'En Avant de Guingamp. — B. Bruno / Sipa

Une montée en Ligue 2, une autre en Ligue 1, une Coupe de France, une épopée européenne… En six ans passés sur le banc de l’En Avant de Guingamp (2010-2016), Jocelyn Gourvennec a su se faire un nom comme entraîneur. Parti à Bordeaux, le technicien breton a laissé le flambeau à Antoine Kombouaré, coach à la réputation déjà bien établie.

  • Plus zen que « Joce »

Sur ses gardes à son arrivée dans les Côtes-d’Armor, Antoine Kombouaré « s’est petit à petit assoupli », au point d’être en ce moment « le mec le plus décontracté du monde », comme nous le confie un proche de l’EAG. Une attitude qui tranche avec celle de son prédécesseur.

« Gourvennec voulait tout maîtriser, y compris sa communication, poursuit notre source anonyme. Il était au stade de 9 h à 21 h, alors que Kombouaré a un rythme de joueur : il arrive avant la séance d’entraînement, et il repart après. Avec son vécu, il se fout de l’image qu’il renvoie. Du coup, il est très cool, heureux d’être là et de pouvoir bosser dans des conditions plus "faciles" qu’à Lens [le précédent club du Néo-Calédonien]. »

  • On ne se cache plus

Instaurés par Jocelyn Gourvennec les veilles de match, les entraînements à huis clos n’ont plus cours à Guingamp. « Kombouaré a ouvert ces séances au public, car les supporters ne sont pas très nombreux, explique notre interlocuteur. De plus, il trouvait un peu ridicule le fait de se cacher, alors qu’on peut voir ce qui se passe depuis les immeubles situés au-dessus. »

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Une proximité nouvelle avec les fans qui ne surprend pas Jocelyne, la patronne du bar « Le Lapin Rouge », l’un des QG des habitués du Roudourou. « Monsieur Kombouaré est facile d’accès et discute sans problème, raconte la tenancière. Quand on a accueilli l’équipe l’autre jour à l’aéroport, il est venu vers nous naturellement. C’est une qualité qui est appréciée à Guingamp. »

  • Quelques retouches tactiques

Profitant du travail de fond accompli par l’actuel Girondin, Kombouaré s’appuie sur les bases désormais solides du club breton, tout en maintenant sa confiance aux jeunes éléments prometteurs, Marcus Coco en tête (20 ans, six titularisations cette saison).

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S’il fait parfois évoluer l’immuable 4-4-2 costarmoricain, l’ancien Parisien impose surtout sa patte psychologique - son expérience aidant - pour faire avancer ses protégés. Mais des changements sont quand même visibles sur le terrain : des latéraux (Jordan Ikoko et Fernando Marçal) plus libres d’attaquer, et une paire de milieux défensifs (Lucas Deaux-Moustapha Diallo) également portée sur l’offensive. Un jeu plus à risques, donc, qui porte ses fruits au niveau comptable.

  • De bons résultats tout de suite

Leader du championnat fin août, l’EAG n’avait plus réalisé d’entame aussi joyeuse en L1 depuis l’été 2002 (également 1er au bout de trois journées). Avec onze points pris au cours des six premières levées, Antoine Kombouaré a aussi égalé Francis Smerecki (1995-1996) et Bertrand Marchand (2002-2003).

Malgré la défaite à Bastia le week-end dernier (1-0), ce début a de quoi rassurer des supporters quelque peu craintifs après le départ de Gourvennec, l’homme qui « [nous] avait apporté le jeu et les structures », dixit Jocelyne. « Monsieur Kombouaré est la personne qu’il fallait à Guingamp », estime la gérante du Lapin Rouge. Les faits lui donnent pour l’instant raison.