Pollution, accidents, bouchons : Pourquoi la vitesse va repasser à 90 kmh sur la rocade de Rennes

AUTOMOBILE La vitesse sera ramenée à 90 km/h sur l'ensemble du périphérique...

Camille Allain

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La rocade de Rennes le 29 septembre 2015.
La rocade de Rennes le 29 septembre 2015. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

La nouvelle a été officialisée ce lundi. Après un an d’expérimentation, la vitesse autorisée sur la rocade de Rennes repassera à 90 km/h à compter du 1er octobre. La vitesse sera ainsi la même sur l’ensemble de périphérique rennais, ce qui n’était pas le cas auparavant. Voici les raisons qui ont poussé les pouvoirs publics à faire ce choix.

Moins de pollution à 90, aucun changement à 70.

L’expérimentation entamée il y a un an avait un objectif principal : réduire les émissions de dioxyde d’azote générées par le trafic automobile. Rennes fait partie des huit villes dépassant les seuils fixés par l’Union Européenne. L’abaissement de la vitesse de 110 à 90 sur la partie Est et Nord a donné des résultats spectaculaires. Les émissions de dioxyde d’azote ont baissé de 30 à 40 %, d’après les relevés d’Airbreizh. Sur les portions à 70 en revanche, l’effet est neutre, voire négatif. « Les camions polluent plus au-dessus de 80 km/h. A 70, l’effet est bien moindre », explique Frédéric Lechelon, directeur de la DirOuest. D’autres données sur les microparticules seront communiquées en novembre.

Un peu plus d’embouteillages.

La réduction de 20 km/h de la vitesse n’a pas eu d’effet positif sur la congestion du trafic. A l’Est, les embouteillages sont stables. Pour le reste, les ralentissements ont augmenté, y compris à l’Ouest, où le trafic a pourtant baissé de 6 % depuis le lancement de l’expérimentation. « 70 km/h était considéré comme la vitesse optimale pour faire circuler un maximum de voiture. C’est vrai en rase campagne. Ce n’est pas le cas sur une rocade. Les gens ont sous-utilisé la voie centrale et la voie de gauche », détaille Frédéric Lechelon.

Le président de Rennes Métropole Emmanuel Couet, la maire de Rennes Nathalie Appéré et le préfet de Bretagne Christophe Mirmand, ici le 26 septembre 2016 à Rennes.
Le président de Rennes Métropole Emmanuel Couet, la maire de Rennes Nathalie Appéré et le préfet de Bretagne Christophe Mirmand, ici le 26 septembre 2016 à Rennes. - C. Allain / APEI / 20 Minutes

Toujours peu d’accidents.

Les détracteurs du projet arguaient toujours que le nombre d’accidents avait augmenté depuis le passage à 70. C’est faux. Le nombre d’accrochages et d’accidents corporels est stable (33 contre 28 en 2015). La rocade reste d’ailleurs un axe très peu accidentogène.

Pas de réduction du bruit.

Le dernier élément surveillé lors de l’expérimentation concernait le bruit, auquel 43.000 logements sont confrontés au quotidien. Là non plus, l’expérience menée n’est pas probante. Sur les cinq sites d’enregistrement, les variations sont situées entre -1 et +1 décibel. Une différence qui n’est pas audible.

Un coût raisonnable.

« Cette étude est inédite par son ampleur. Jamais nous n’avions mené une telle enquête sur la qualité de l’air en France », assure Magali Corron, directrice d’Aribreizh. Le coût global de l’étude menée pendant un an est de 250.000 euros. Le changement des panneaux est lui estimé à 50.000 euros. Démontés à partir de demain, ils seront réutilisés sur d’autres axes.

Une expérience « très positive ».

« Cette expérience n’est pas un échec, bien au contraire, elle est très positive. Nous avons des résultats solides sur lesquels il faut capitaliser », assure le préfet Christophe Mirmand. « Nous débouchons sur l’harmonisation de la vitesse à 90 km/h. C’est une bonne nouvelle pour les automobilistes, qui ont parfois le sentiment d’être piégés par les radars lors des changements de vitesse ».

La rocade sera donc entièrement limitée à 90 à partir du 1er octobre.