Bientôt des abattoirs mobiles pour moins stresser les animaux? Les éleveurs demandent à voir

AGRICULTURE La proposition émane de la commission d’enquête parlementaire sur les abattoirs...

Jérôme Gicquel

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Illustration d'un abattoir à bovins dans l'Ouest de la France.
Illustration d'un abattoir à bovins dans l'Ouest de la France. — GILE MICHEL/SIPA

Un camion se déplaçant de ferme en ferme pour procéder à l’abattage des bêtes directement sur place. Déjà expérimenté en Suède, l’abattoir mobile pourrait bien débarquer ces prochains mois dans les campagnes françaises. C’est en tout cas ce que préconise la commission d’enquête parlementaire sur les abattoirs qui a présenté ce mardi matin 65 propositions pour mettre fin aux scandales de mauvais traitements d’animaux.

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Parmi ces propositions, l’une préconise notamment « de soutenir à titre expérimental la mise en service de quelques abattoirs mobiles, afin de réduire le stress des animaux ». En Bretagne, première région d’élevage pour la viande en France avec plusieurs dizaines de milliers d’emplois dans la filière, la remise de ce rapport ne devrait pas manquer de faire réagir.

« De nombreux abattoirs risquent de disparaître »

Représentant plusieurs centaines d’éleveurs dans la région, la Coordination Rurale voit ainsi d’un bon œil cette proposition de développer un modèle alternatif à l’abattage industriel. « Nous sommes plutôt favorables à cette expérimentation. Cela semble un bon moyen de maintenir un tissu d’abattoirs dans la région. Car le risque, c’est que ce rapport entraîne un renforcement des règles et un surcoût financier pour les petits abattoirs et un certain nombre risque de disparaître », indique l’un de ses membres.

Eleveur de vaches salers à Orgères, au sud de Rennes, Antonin Régnier voit quant à lui dans cette proposition un moyen d’améliorer le bien-être animal. « Si on peut éviter aux bêtes le temps de transport et le temps d’attente dans les abattoirs, ce sera alors bénéfique », indique-t-il.

Quel coût financier pour les éleveurs ?

Pour éviter trop de stress à ces bêtes, l’agriculteur a d’ailleurs décidé de les emmener lui-même à l’abattoir. « Je n’aime pas trop comment elles sont menées avec certains chauffeurs, assure-t-il. Après tout dépend de la taille de l’élevage, cette expérimentation d’abattoir mobile ne pourra, selon moi, se faire que sur des petits cheptels, pour ceux qui font de la vente directe par exemple. »

Pour d’autres éleveurs, cette proposition d’abattoir mobile pose plus de questions qu’elle n’apporte de réponse. « Chaque production a déjà son type d’abattage, donc je ne vois pas trop comment cela peut fonctionner. Et puis il faut voir le coût aussi. Si c’est plus élevé que dans un abattoir classique, qu’est ce qu’il restera à l’éleveur ? », s’interroge Roselyne, productrice de viande bovine basée à Saint-Senoux (Ille-et-Vilaine).