Burkini, voile, menu sans porc... Rennes réfléchit à sa vision de la laïcité

RELIGION Un comité réunissant les différents cultes a édité une charte municipale…

Camille Allain

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Un homme lors de l'hommage aux victimes des attentats de Paris ce lundi à Rennes.
Un homme lors de l'hommage aux victimes des attentats de Paris ce lundi à Rennes. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Créé au lendemain des attentats de janvier 2015 qui avaient frappé Charlie Hebdo et l’HyperCacher, le comité consultatif laïcité de la ville de Rennes vient de rendre ses premières conclusions. Alors que les débats autour du port du voile, du burkini ou encore des menus sans porc à la cantine se multiplient, la ville a décidé de mettre sur papier sa vision de la laïcité.

La charte, examinée lundi par le conseil municipal, a été rédigée en présence des représentants des différents cultes. Catholiques, protestants, musulmans, israélites, bouddhistes et orthodoxes se sont assis autour d’une table, entourés d’élus, d’associations et d’autorités de l’Etat. « Les discussions n’ont pas toutes fait consensus. Mais elles ont toutes été votées à la majorité. C’est avant tout un guide de bonnes pratiques », précise Hubert Chardonnet, élu rapporteur du projet. Voici quelques-uns des sujets abordés.

Les menus à la cantine.

Depuis les années 1990, la ville de Rennes propose des menus sans porc dans ses cantines, ce qui n’est pas le cas partout. « Ça n’a jamais posé problème », assurent les élus. Plus récemment, la ville a testé une autre formule faite de quatre alternatives : menu classique, menu sans viande, menu sans porc et menu conforme aux prescriptions médicales.

Des produits locaux sont servis à la cantine, ici dans l'école Liberté à Rennes.
Des produits locaux sont servis à la cantine, ici dans l'école Liberté à Rennes. - C. Allain / APEI / 20 Minutes

« Ce système fonctionne bien. Nous allons le généraliser dans toutes les écoles », poursuit Hubert Chardonnet. Les parents pourront formuler leur choix au moment d’inscrire leur enfant. Le comité s’est prononcé contre les autres alternatives, comme la mise en place de repas kasher ou halal.

Le burkini.

La charte a été rédigée avant que la polémique estivale n’éclate. Mais pour le rapporteur du projet « il n’y a aucune raison d’interdire à une femme de nager dans une piscine municipale en lycra, et donc en combinaison intégrale ».

Le port du voile.

La loi est claire sur ce point. La dissimulation complète du visage est interdite. De même à l’école, les signes et tenues montrant une appartenance religieuse sont interdits. Mais qu’en est-il des mères de familles, qui accompagnent parfois les sorties scolaires ? « Un consensus ne s’est pas dégagé », explique le comité consultatif laïcité, qui se dit « favorable à l’acceptation de femmes portant le voile ou de signes religieux, à condition d’absence de démarche prosélyte ou de provocation ».

L’apprentissage des langues.

Taclée par une frange de la population parce qu’elle veut « imposer l’arabe au collège », la ministre Najat Vallaud-Belkacem pourra s’inspirer de l’exemple rennais. Le comité se dit favorable à l’apprentissage des langues et cultures d’origine mais à condition que les enseignants aient une visée pédagogique et une bonne maîtrise de la langue française et que la finalité soit « culturelle et non religieuse ».

La journée de la laïcité.

La ville a décidé de célébrer la journée de la laïcité le 9 décembre, comme c’est déjà le cas dans les écoles. Des expositions, conférences ou ateliers devraient être mis sur pied afin « de provoquer le débat ».