Comment est concoctée la programmation des Trans Musicales de Rennes

FESTIVAL Le festival a dévoilé jeudi son programme complet...

Camille Allain

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Le concert de la fanfare Too Many Zooz, ici en 2014 aux Trans Musicales de Rennes.
Le concert de la fanfare Too Many Zooz, ici en 2014 aux Trans Musicales de Rennes. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Il y a eu Nirvana, Björk ou Ben Harper, bien sûr. Mais aussi Stromae ou Jane Added, plus récemment. Créées en 1979, les Trans Musicales ont révélé un paquet de groupes encore peu connus avant leur passage à Rennes. Chaque année pourtant, la programmation fait au départ figure de grand foutoir, y compris pour les fins connaisseurs. Dévoilée en septembre, la 38e édition, qui se déroulera du 1er au 4 décembre, ne déroge pas à la règle et proposera un mélange de rap islandais chanté en langue locale, de new wave chinoise et de fanfare techno.

Quelle est la recette du festival pour aller dénicher de tels groupes ? Le secret tient en un seul nom : Jean-Louis Brossard. Cofondateur de l’événement, le gourou des Trans laisse traîner ses oreilles partout, et voyage beaucoup. « Cabo San Roque par exemple, je les ai vus à Eurosonic en janvier. Ça m’a beaucoup plu », explique le programmateur en évoquant le curieux duo espagnol. Et où a-t-il été cherché la déjantée Aïsha Devi, la Népalaise qui vit en Suisse ? « Elle jouait dans une église à Brighton. Il y avait une atmosphère très particulière. » A voir le clip très cru de la jeune femme, on veut bien le croire.

S’il écume les festivals à la recherche des perles rares, le programmateur des Trans doit également beaucoup à son réseau, constitué de près de 40 ans de rencontres autour du monde. « Cette année, j’ai fait une exception. J’avais bouclé ma programmation et je ne devais plus y toucher. Et puis j’ai reçu un e-mail avec un lien vers un clip. J’ai adoré et du coup je les ai rajoutés », explique le programmateur en évoquant la venue de Ngod. Le groupe de rock venu d’Angleterre devra cependant attendre 5h du matin pour jouer le samedi soir…

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Collectionneur compulsif de disques qu’il stocke tant bien que mal dans son bureau, le patron des Trans fouine beaucoup sur le net. Mais il prend toujours le temps d’écouter les innombrables disques qu’on lui fait passer. « C’est comme ça que j’ai découvert BCUC. On m’a passé un disque et j’ai tout de suite voulu les programmer. Il a fallu que je trouve leur agent, que je réussisse à les contacter. » Et voilà comment des musiciens d’Afrique du Sud joueront leur premier concert en France devant des milliers de personnes… Avant de devenir, peut-être, l’un des groupes à suivre.