Bretagne: L’affiche qui fait couiner les éleveurs de porcs

AGRICULTURE L’association Welfarm s’attaque dans une campagne à la castration à vif des porcelets…

Jérôme Gicquel
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Les affiches sont visibles depuis ce mercredi sur les abribus de la capitale bretonne.
Les affiches sont visibles depuis ce mercredi sur les abribus de la capitale bretonne. — J. Gicquel / APEI / 20 Minutes

Des affiches représentant un gentil porcelet au regard apeuré ont fleuri depuis ce mercredi matin sur les abribus à Rennes. Derrière cette campagne,  qui entend dénoncer la castration à vif dont sont victimes les porcelets dans les exploitations.


« C’est une pratique archaïque et douloureuse qui est malheureusement généralisée. Mis à part la Cooperl , presque tous les éleveurs le font, même dans les exploitations bio », s’indigne Pauline Di Nicolantonio, militante de l’association en charge de la campagne. « Ils nous expliquent que c’est pour prévenir des risques d’odeurs dans la viande mais il existe d’autres alternatives à cette mutilation », poursuit-elle.

Les affiches retirées à Brest et au Mans

Avant sa diffusion à Rennes où 80 affiches ont été placardées à l’occasion de l’ouverture  au Parc Expo, la campagne de Welfarm a connu quelques couacs dans l’Ouest ces dernières semaines. L’opération d’affichage devait normalement se tenir du 24 août au 20 septembre dans plusieurs villes bretonnes ainsi qu’au Mans.


Mais le 27 août, l’afficheur Clear Channel  à Brest « en raison de menaces provenant du monde politique et agricole », précise l’association. Idem à Langueux et Saint-Brieuc dans les Côtes d’Armor où les affiches ne sont jamais sorties des cartons « par mesure de prévention ».

Convaincre les éleveurs d’arrêter la castration

Il n’y a finalement qu’à Lorient et au Mans où les affiches ont pu être visibles, au moins jusqu’au 3 septembre. « Nous avons appris que la préfecture de la Sarthe avait donné l’ordre de retirer les affiches par crainte de troubles à l’ordre public. C’est une atteinte à la liberté d’expression inadmissible », dénonce l’association. « Nous verrons quelles suites donner si les affiches sont retirées à Rennes », prévient Pauline Di Nicolantonio.

En attendant, les militants de l’association ont prévu de se rendre au Space ce jeudi pour interpeller les éleveurs et tenter de les convaincre d’abandonner la castration à vif. Contacté, n’a pas donné suite à nos sollicitations.