Stade Rennais: «Rolland Courbis a fait du bien à l’image tristounette que le club renvoie»

FOOTBALL Les supporters rouge et noir dressent le bilan du technicien marseillais en Ille-et-Vilaine...

Jeremy Goujon
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Rolland Courbis a dit au revoir au Stade Rennais lundi.
Rolland Courbis a dit au revoir au Stade Rennais lundi. — M. Pattier / Sipa

Au lendemain de l’annonce de son départ du Stade Rennais, que retenir du bref passage de Rolland Courbis en Ille-et-Vilaine (huit mois) ? 20 Minutes a posé la question à quatre supporters du club rouge et noir…

  • Une arrivée controversée

Depuis ses Côtes-d’Armor natales, Benoît (35 ans) avait « cru à une blague » lorsque coach Courbis débarqua en Bretagne, en janvier dernier. « Il est tout le contraire de l’état d’esprit des Pinault, qui sont plutôt du genre discrets et mesurés. Mais pour pimenter la fin de saison, je me disais aussi : "Pourquoi pas ?" »

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D’abord engagé comme conseiller du président René Ruello, le futur « Courbix » fut rapidement intronisé entraîneur à la place de Philippe Montanier. « Pas vraiment une surprise, selon Antoine (28 ans), tant les doutes étaient présents dans l’esprit des supporters. » « Sa nomination en tant que coach était précipitée à mon goût, j’aurais plutôt pensé que Montanier finirait la saison en se faisant assister par M. Courbis », regrette pour sa part Léa (29 ans). Pour Pascal (53 ans), « le côté mal fait de son arrivée [tenait] autant à la direction qu’à lui et son "Je ne ferai pas ce que je ne voudrais pas qu’on me fasse" ».

  • Il a permis à Dembélé de se révéler, mais…

Au départ sceptique, Léa avoue « qu’il s’en est suivi une bonne dynamique, amorcée par l’explosion d’Ousmane Dembélé en Ligue 1 ». L’affirmation de « Dembouz », transféré depuis au Borussia Dortmund, « avait déjà été perçue sous Montanier », estime Pascal, mais « a vraiment éclaté aux yeux de la L1 grâce à Courbis, et notamment ce positionnement en neuf et demi ». Un de ses choix tactiques qui a « dépoussiéré l’équipe », affirme Benoît.

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Revers de la médaille : la gestion du cas Dembélé, une fois ce dernier devenu « star » du championnat. « Après avoir été si brillant, il a complètement disparu de la circulation, alors que les joueurs autour de lui étaient pourtant les mêmes. Peu importent les histoires de contrat, de pression médiatique, de surveillance rapprochée des défenses… Avec son expérience, Courbis aurait dû trouver la clé », reprend Pascal.

  • Des résultats pas exceptionnels

Malgré « la saveur retrouvée des matchs à domicile, notamment Rennes-Nantes [6 mars] et Rennes-Lyon [13 mars] » (Pascal), le sprint final des Rouge et Noir en a déçu plus d’un. « On avait trouvé une carburation intéressante, et puis tout s’est délité du jour au lendemain avec la défaite à Nice [3-0, le 10 avril]. D’autant plus incompréhensible que l’usure mentale ne devait pas être la même chez lui qu’elle ne l’aurait été chez un Montanier », poursuit le quinqua.

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« L’effet est assez vite retombé, abonde Léa, ce qui a eu pour conséquence de nous ancrer dans le ventre mou… comme souvent. » Au grand dam de Benoît. « Franchement, son ambition de finir dans les six premiers, et pas forcément 6e, ça m’a plu et j’y ai cru. Ça nous changeait des discours convenus et fadasses de Montanier. »

Rolland Courbis, jamais avare de bons mots.
Rolland Courbis, jamais avare de bons mots. - M. Pattier / Sipa
  • L’Actors Studio à Rennes

Le bagou du « Depardieu du foot » aura au moins convaincu notre interlocuteur briochin. « J’ai pu assister à quelques entraînements, et je trouvais le mec concerné, galvaniseur et très drôle à la fois. En conférence de presse, c’était du théâtre. En cela, il a fait du bien à l’ambiance générale du club, du moins à l’image tristounette qu’il renvoie. »

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Léa se veut moins enthousiaste. « Voir Rolland Courbis intervenir en tant que consultant sur une grande radio pendant sa mission au SRFC me restera un peu en travers de la gorge, on ne le sentait pas pleinement investi. »

  • Du pour et du contre

Directement impliqué dans les venues de Clément Chantôme et Ramy Bensebaini au Stade Rennais, ce qui inquiétait Léa (« L’annonce de son départ me rassure, car son travail pouvait interférer avec celui du staff et de M. Ruello »), le « recruteur de l’ombre » Rolland Courbis laissera à Antoine l’image d’un homme « aussi à l’aise sur un banc de touche qu’à l’antenne ».

« À la base, je n’avais pas forcément une grande estime de lui, reconnaît Benoît, mais j’ai bien aimé son investissement dans le club et son rôle d’agitateur et de fin connaisseur du foot en même temps. À la limite, je regrette qu’il ne soit pas resté plus longtemps en tant qu’entraîneur. »