Algues vertes: Des associations s’interrogent après la mort d’un joggeur

ENVIRONNEMENT Un homme est décédé dans le secteur où 36 sangliers avaient été retrouvés morts en 2011…

J.G. avec AFP

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Des algues vertes échouées sur une plage de Saint-Michel-en-Grève en 2011.
Des algues vertes échouées sur une plage de Saint-Michel-en-Grève en 2011. — Le Saux Lionel / Sipa

Les algues vertes seraient-elles responsables du décès d’un joggeur de 50 ans, retrouvé mort jeudi soir envasé dans l’estuaire du Gouessant à Hillion (Côtes d’Armor) ? C’est l’hypothèse émise par deux associations de défense de l’environnement qui viennent d’adresser une lettre ouverte au procureur, reprochant aux autorités de n’avoir pas pratiqué d’analyses permettant d’éclaircir davantage les causes de ce décès.

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« Il n’y a pas de doute » quant à l’origine du décès, a affirmé lundi le parquet. « En l’absence d’obstacle médico-légal, le corps a été remis à la famille », a-t-on ajouté, les obsèques devant être célébrées ce mardi. Le quinquagénaire courait régulièrement dans ce secteur, proche de son domicile. Jeudi soir, il se serait « envasé en essayant de sauver son chien. Il a dû faire un effort physique, venant après son effort sportif, et il a eu un arrêt cardiaque », a précisé le parquet.

36 sangliers retrouvés morts au même endroit en 2011

Les associations environnementales trouvent cependant étrange que le drame se soit produit dans le secteur où 36 sangliers avaient été retrouvés morts à l’été 2011, à un moment où les dépôts d’algues vertes étaient importants dans cette zone. Un rapport de l’Anses avait mis en avant les fortes présomptions quant aux émissions d’hydrogène sulfuré (H2S) provenant de ces algues en décomposition.

Les associations ont effectué des relevés sur place

Les deux associations, qui avaient également suivi de près l’affaire des sangliers, ont effectué des relevés sur les lieux samedi. Elles y ont notamment mesuré un dégagement d’hydrogène sulfuré à une « concentration allant jusqu’à 360 ppm (parties par million) alors que, par prudence », ses membres étaient « restés à la lisière de ces zones dangereuses » où la victime a été découverte inanimée, envasée jusqu’à la taille.

« A 360 ppm, on est dans une situation où le malaise peut être réel et assez rapide. Et quand la personne ne peut se dégager rapidement, elle va perdre connaissance, tout en continuant à inhaler ce gaz dangereux », selon Yves-Marie Le Lay, président de Sauvegarde du Trégor. Dans le cas présent, « il y a donc au minimum un doute », souligne-t-il.