Rennes: Une partie de Sainte-Anne évacuée pour laisser passer le tunnelier

METRO Une quarantaine de logements et neuf commerces seront fermés…

Camille Allain

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Les arrières des bâtiments à pans de bois de la place Sainte-Anne, à Rennes.
Les arrières des bâtiments à pans de bois de la place Sainte-Anne, à Rennes. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Toujours occupé à forer la seconde ligne de métro, le tunnelier Elaine approche de la place Sainte-Anne. Cette partie du centre historique, jugée la plus sensible en raison de la fragilité des sols, fait l’objet d’une attention particulière de la part des entreprises chargées des travaux. Par mesure préventive, une partie de la place sera évacuée les 16, 17, 18 et 19 septembre, au moment du passage du tunnelier.

Du ciment dans le sol

« Les études menées ont permis d’identifier des fragilités dans les sols, avec la présence de remblai. Nous avons dû traiter les sols en procédant notamment à des injections de ciment, afin de s’assurer que le terrain ne se déformera pas trop au passage du tunnelier », explique Salah Ghozayel, ingénieur en charge du chantier pour l’entreprise Egis. Menés tout l’été, ces travaux de confortement seront achevés en début de semaine prochaine. Des injections ont même été réalisées depuis les caves des bâtiments.

Les commerces de la place Sainte-Anne, à Rennes, vont devoir être évacués pour laisser passer le tunnelier.
Les commerces de la place Sainte-Anne, à Rennes, vont devoir être évacués pour laisser passer le tunnelier. - C. Allain / APEI / 20 Minutes

En 1999, lors du creusement de la première ligne de métro, les autorités avaient également dû faire évacuer la rue Pont-aux-Foulons toute proche. Cette fois-ci, seuls trois immeubles des 1, 2 et 3 place Sainte-Anne seront évacués, tout comme les 7 et 9 rue de la Motte Fablet. « Cela représente une quarantaine de logements et neuf commerces. Les habitants seront relogés et les commerçants indemnisés », promet Sébastien Sémeril, adjoint en charge de l’urbanisme.

Aucun risque d’effondrement

Truffés de capteurs, les bâtiments n’ont aucun risque de s’effondrer, assurent les responsables du chantier. « Il existe un risque de 2 à 3 % de voir les bâtiments bouger un peu. Nous voulons nous assurer que ces mouvements ne fragilisent pas les bâtiments », poursuit Salah Ghozayel. L’ingénieur admet la possibilité de voir apparaître des fissures. « Des constats seront réalisés avant et après ».

Le tunnelier Elaine chargé de creuser la ligne B du métro a perforé la station Saint-Germain le 19 juillet 2016, à Rennes.
Le tunnelier Elaine chargé de creuser la ligne B du métro a perforé la station Saint-Germain le 19 juillet 2016, à Rennes. - C. Allain / APEI / 20 Minutes

« Nous avions déjà procédé à une évacuation préventive lors de la construction de la ligne A et ça n’avait pas bougé. La technicité du tunnelier a en plus beaucoup évolué », rappelle Sébastien Sémeril. En début de chantier, un trottoir s’était effondré dans le quartier de Cleunay. Là aussi, les sols avaient été consolidés.

Actuellement situé sous la rue Le Bastard, le tunnelier Elaine devrait percer la station Sainte-Anne le 21 septembre, où il rejoindra la ligne A. Le tunnel doit être terminé en 2017 pour une livraison de la ligne de métro en 2020. Le colossal chantier est évalué à plus d’un milliard d’euros.