Bretagne: Des CRS armés arrivent pour surveiller les plages

SECURITE Saint-Malo fait partie des quatre communes bretonnes retenues…

Camille Allain

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Des CRS surveillent la plage de Bon Secours à Saint-Malo, ici en juillet 2016.
Des CRS surveillent la plage de Bon Secours à Saint-Malo, ici en juillet 2016. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Ils arrivent d’ordinaire au début du mois de juillet, à l’entame des vacances scolaires. Avec l’état d’urgence, les manifestations anti loi Travail et l’Euro de football, les CRS chargés de la surveillance des plages ont pris un peu de retard cette année. A Saint-Malo, les policiers ont pris leurs quartiers mercredi, aux côtés des sauveteurs de la SNSM. La petite différence cet été, c’est cette petite sacoche, accrochée à la taille du chef de poste, qui renferme une arme à feu.

« Même en maillot, le CRS est un policier »

La mesure avait été annoncée en juin « dans un contexte où les forces de l’ordre sont particulièrement exposées au risque de confrontation avec des individus armés extrêmement dangereux ». Une annonce qui intervenait deux semaines après le meurtre d’un couple de policiers à son domicile à Magnanville (Yvelines). Seul le chef de poste en est équipé. « Même en maillot de bain, un CRS est avant tout un policier. Son arme, il l’a toute l’année. Il est formé à réagir en cas d’agression. Pour le policier, ça ne change rien », rappelle Alain Jeuland, directeur adjoint de la zone de défense Ouest.

Des CRS surveillent la plage de Bon Secours à Saint-Malo, ici en juillet 2016.
Des CRS surveillent la plage de Bon Secours à Saint-Malo, ici en juillet 2016. - C. Allain / APEI / 20 Minutes

La mesure avait pourtant fait les grands titres des médias, dans un contexte de menace d’attentat terroriste. La tuerie de Nice n’a fait que conforter l’État-Major dans sa décision. Sur la plage de Saint-Malo, tout le monde n’a pas remarqué l’arrivée des CRS. « J’ai remarqué qu’il y avait plus de policiers en ville par contre. Le port de l’arme, ça ne me gêne pas, mais je ne peux pas dire que ça me rassure, je ne me sens pas en danger ici », explique Cécile, Malouine venue déjeuner sur la plage de Bon Secours avec ses deux enfants.

« Ma femme, ça la rassure »

Assise un peu plus loin, Pauline n’avait même pas entendu parler de la nouvelle. « Je ne pense pas qu’ils viendraient jusqu’à Saint-Malo », glisse la jeune femme, en vacances. Les mieux informés, ce sont finalement les touristes étrangers, qui ont suivi avec inquiétude les différents attentats qui ont frappé la France. « Ma femme, ça la rassure de savoir qu’ils ont une arme. Moi, personnellement, je me dis que s’ils veulent venir, ils viendront. C’est juste le malheur d’être au mauvais endroit au mauvais moment », témoigne Henri, touriste néerlandais en vacances en Bretagne.

Des touristes se baignent sur la plage du Môle à Saint-Malo, ici en juillet 2016.
Des touristes se baignent sur la plage du Môle à Saint-Malo, ici en juillet 2016. - C. Allain / APEI / 20 Minutes

Au bord de la plage, la mission des CRS n’a pas changé. Jumelles dans une main, talkie-walkie dans l’autre, ils continuent de scruter les nageurs qui barbotent dans l’eau annoncée à 19 degrés. « La mission prioritaire a toujours été de porter secours aux plaisanciers, d’apporter les premiers soins en cas de souci. Ce qui a changé, c’est la menace terroriste », poursuit Alain Jeuland. Sur la plage, les CRS seront en liaison avec des patrouilles circulant à VTT, elles aussi armées. « Nous sommes là dans les renforts saisonniers classiques », assure le commissaire.

En Bretagne, quatre communes seront surveillées par des CRS. Les autres feront confiance aux sauveteurs de la SNSM.