Rennes: La ville a des idées pour restaurer la baignade à Apigné

ENVIRONNEMENT Les cyanobactéries prolifèrent dans les étangs chaque été…

Camille Allain

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Les étangs d'Apigné, où la baignade est actuellement interdite.
Les étangs d'Apigné, où la baignade est actuellement interdite. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Depuis plusieurs étés, la baignade est plus souvent interdite qu’autorisée aux étangs d’Apigné. Cette année encore, une interdiction frappe le lieu de baignade le plus proche de Rennes. En vigueur depuis le 8 juillet, la mesure n’est pas près d’être levée. Les derniers prélèvements effectués lundi montrent une concentration de 290.000 cyanobactéries par millilitre, soit près de trois fois le maximum autorisé (100.000 cellules), et ce, avant même les très fortes chaleurs de ces derniers jours.

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Véritable poison d’eau douce, ces cyanobactéries se développent souvent dans les eaux peu profondes et peu renouvelées et peuvent se révéler dangereuses pour la santé, tant sur le plan digestif que cutané. « Les chiens qui en boivent sont immédiatement pris de diarrhées », explique l’Agence régionale de santé, chargée de contrôler les concentrations.

« Pas évident de connaître les causes »

Difficile cependant d’identifier les causes de la prolifération. Si l’apport de phosphore est un élément déclencheur, les forts coups de chaleur n’expliquent pas tout. « Il y a de nombreuses espèces de cyanobactéries donc ce n’est pas évident de connaître les causes. Il y a des pics que l’on n’explique pas », explique Brigitte Bacon, technicienne sanitaire à l’ARS Bretagne. Ce fut le cas en début de saison au lac de Trémelin, à Iffendic (Ille-et-Vilaine), jusqu’ici épargné par le phénomène.

Si certains ont préféré fermer leur espace de baignade, comme à Châteaugiron ou à Martigné-Ferchaud, qui vient de rouvrir après 15 ans d’interdiction, la ville de Rennes souhaite, elle, maintenir sa plage artificielle. « C’est un lieu prisé. Notre objectif, c’est bien de garder Apigné en eau de baignade », assure Daniel Guillotin, adjoint en charge de l’Ecologie. Avant l’été, la municipalité avait tenté une opération de pêche sélective, censée limiter la prolifération. « C’est une action sur le long terme. Il faudra plusieurs mois avant d’en voir les effets », poursuit l’élu.

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La municipalité aimerait profiter du grand projet de valorisation des bords de Vilaine, élégamment baptisé Vilaine Aval, pour mener d’importants travaux à Apigné. « Nous avons une réunion en septembre en présence d’un expert afin d’essayer de comprendre le phénomène. Nous réfléchissons à agrandir l’étang, peut-être en le reliant aux bassins autour, afin de gagner en profondeur et d’oxygéner l’eau », détaille Daniel Guillotin.

Des prélèvements seront également menés dans le Blosne, le petit ruisseau qui se jette dans les étangs d’Apigné. « Nous nous donnons trois ans pour réussir », conclut l’élu. Rendez-vous en 2019 donc.