Rennes: Pourquoi la future maison du vélo part sur un mauvais tempo

TRANSPORTS Le conseil d’agglomération a voté ce jeudi la création d’un nouveau local…

Camille Allain

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Illustration d'une cycliste transportant son enfant à vélo, ici dans les rues de Rennes.
Illustration d'une cycliste transportant son enfant à vélo, ici dans les rues de Rennes. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

L’objectif est ambitieux. En 2020, Rennes Métropole souhaite faire passer la part modale du vélo à 20 % sur son territoire, contre un peu plus de 10 % aujourd’hui. Pour y parvenir, l’agglomération souhaite aménager davantage de bandes cyclables, développer les itinéraires, miser sur l’électrique, mais aussi se doter d’une Maison du vélo, sorte de QG de la bicyclette. Jeudi soir, les élus de Rennes Métropole ont approuvé la création de cette maison, d’abord dans un local temporaire rue du Puits-Mauger (Colombier), avant un emménagement dans la future gare en 2020.

« Donner une meilleure visibilité »

« Nous voulons rassembler tous les acteurs pour donner au vélo une meilleure visibilité », explique Daniel Dein, conseiller métropolitain en charge des modes de déplacements alternatifs. Cette vitrine du deux-roues doit permettre d’inciter les habitants à se mettre au vélo. La gestion de cette maison sera confiée à Keolis, opérateur du réseau Star et qui y installera sa boutique Vélostar. La maison d’une centaine de mètres carrés, dont l’ouverture est prévue pour début 2017, devrait également avoir une mission pédagogique en proposant des parcours cyclables et faisant de la sensibilisation, notamment auprès des plus jeunes.

Une initiative louable mais qui manque clairement d’ambitions. Une délégation s’était rendue à Caen pour constater que leur maison du vélo intégrait un atelier de réparation, une filière de recyclage, une vélo-école et des deux-roues en location. Portés par les associations La Petite Rennes et Rayons d’Action, ces ateliers existent déjà à Rennes, mais ils n’auront pas leur place dans la nouvelle maison. « Ce n’est pas ce qu’on attend d’une maison du vélo. Regardez à Caen ou Toulouse ce qu’ils ont fait. Si on veut arriver à 20 % de part modale, il va falloir changer de braquet », estime Odile Guernic, présidente de Rayons d’Action.

« Quelque chose de plus ambitieux »

A l’étroit depuis sa création il y a cinq ans, l’atelier d’auto-réparation La Petite Rennes porte un jugement similaire. « C’est surtout un outil de communication, comme un office de tourisme. Ce n’est pas la vision que nous avons. Nous, on aurait aimé quelque chose de plus ambitieux », lance David Piederrière, le président. L’association a déjà fédéré 800 membres en cinq ans mais ne dispose que d’un local de 68 m². En début d’année, elle a aussi lancé une filière de réemploi de vélos, baptisée Le Grand Cycle. « Si on s’y mettait tous ensemble, on pourrait proposer de la location, de la réparation, de l’initiation, de la réinsertion, du réemploi », estime le responsable de La Petite Rennes.

Faut-il espérer mieux de la future maison qui sera installée dans la future gare ? Pas vraiment. « Nous partons sur une configuration similaire d’environ 150 m². On aura trois ans d’expérience pour voir ce qu’il faut améliorer », assure Daniel Dein. La taille du local avait d’ailleurs fait râler les élus écologistes de la majorité, qui reprochaient « la timidité » du projet. Ils ne sont pas les seuls à le pointer du doigt.