«Questions pour un champion»: «Julien Lepers est resté très chic avec moi», assure Samuel Etienne

TELEVISION Le Rennais a pris les rênes de l’émission «Question pour un champion»…

Propos recueillis par Camille Allain

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Le présentateur de «Questions pour un champion» Samuel Etienne, ici lors de son passage à Rennes, le 28 juin 2016.
Le présentateur de «Questions pour un champion» Samuel Etienne, ici lors de son passage à Rennes, le 28 juin 2016. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Samuel Etienne est à la vie ce qu’il l’est à l’écran : un homme simple, toujours souriant et très abordable. Propulsé présentateur de l’émission Questions pour un champion en février, le Rennais était de retour dans sa ville natale lundi. Pendant plusieurs heures, c’est lui qui s’est prêté au jeu des questions, au sein du club local de Questions pour un champion, en toute simplicité. De ses premières années dans la capitale bretonne à son arrivée mouvementée dans l’émission de France 3 en passant par sa passion dévorante pour le sport, Samuel Etienne a répondu à nos questions… pour un champion.

Vous avez pris les rênes de Questions pour un champion il y a quatre mois. Comment vous sentez-vous ?

De mieux en mieux ! Je sais que je peux faire encore mieux dans la présentation, mais je suis satisfait des débuts. Je pense qu’il me faudra un an pour y arriver. Je ne me suis jamais autant impliqué dans une mission. Pour moi, c’est primordial de réussir, car ce jeu a une histoire folle. Je ne suis pas là pour quelques années, je compte bien rester un moment. Si on me garantit de bonnes audiences pendant vingt ans, je signe tout de suite !

Votre arrivée n’a pourtant pas été facile. Vous passiez après Julien Lepers et ses 28 ans à la tête de l’émission.

Je l’avais anticipé. Je m’attendais à de la surprise, à de l’émoi, de la tristesse de la part de Julien et des téléspectateurs et il y en a eu. Julien Lepers s’est invité chez les gens pendant 28 ans, c’était devenu leur ami. Il y avait beaucoup d’interrogations, beaucoup de gens qui se demandaient si j’allais réussir. Au bout de deux mois, on a reçu des courriers de téléspectateurs qui nous félicitaient. Je me suis dit qu’on était en train de réussir notre pari.

L’éviction de Julien Lepers a fait couler beaucoup d’encre

J’avais son numéro de téléphone et je lui ai rapidement envoyé un message pour lui proposer d’en parler. Il m’a appelé deux fois et nous nous sommes parlé très longuement, essentiellement pour évoquer son état d’esprit. C’était un déchirement pour lui, il était tellement triste d’arrêter. Mais il a compris que je n’y étais pour rien dans son départ. Je l’ai trouvé très élégant. Sa colère aurait pu m’emporter avec mais il est resté très chic avec moi.

Comment avez-vous réagi quand on vous a proposé de présenter l’émission ?

Je suis tombé des nues, je ne m’y attendais pas du tout. La décision de la chaîne concernant Julien avait déjà été prise. Je n’aurais jamais accepté sinon. J’ai mes règles et jamais je ne candidate à un poste déjà occupé. Je dis ça parce que je connais beaucoup de gens qui l’ont fait.

Lundi, vous étiez de retour à Rennes, votre ville natale.

J’en ai profité pour passer le week-end avec mon papa qui vit toujours là. J’ai pu revoir des copains de lycée aussi. Presque tous mes amis sont issus de ma période lycée et de mon club d’escrime où j’ai passé dix ans. Je reviens très souvent, tous les deux mois environ.

Le présentateur Samuel Etienne a visité le club de de Questions pour un champion de Rennes, le 28 juin 2016.
Le présentateur Samuel Etienne a visité le club de de Questions pour un champion de Rennes, le 28 juin 2016. - C. Allain / APEI / 20 Minutes

Quels souvenirs gardez-vous de cette période ?

D’excellents ! J’ai fait toute ma scolarité à Saint-Vincent, de la maternelle à la terminale. A la fin, je connaissais tout le monde. Ça me prenait une demi-heure de dire bonjour en arrivant le matin. Je me souviens des cours de français et de philosophie qui étaient enseignés par des pères. Il y avait une forme de douceur, ils nous transmettaient des valeurs d’humanité. J’ai aussi beaucoup travaillé pour mes parents qui tenaient une poissonnerie (devenue la société La Mouette, bien connue des anciens). On avait les mains dans la glace, c’était difficile. Mes parents travaillaient énormément. Mon rapport au travail vient de là.

Vous étiez bon élève ?

Disons que j’ai très vite compris que mes parents fonctionnaient au mérite. Si je travaillais bien, j’avais le droit de sortir. Je n’étais pas brillant mais je faisais ce qu’il fallait pour avoir ma liberté. Rennes était une ville parfaite pour ça. J’ai énormément fait la fête et je me suis beaucoup amusé de 16 à 22 ans. J’ai tellement profité qu’après ça, j’ai arrêté !

La fête c’est aujourd’hui incompatible avec votre hygiène de vie de sportif…

Depuis une quinzaine d’années, je suis devenu complètement accroc. Ce que j’aime, c’est l’endurance (il a fini l’Iron Man de Nice début juin) mais ça prend beaucoup de temps. Pour m’entraîner, je vais en courant enregistrer les émissions de Questions pour un champion. Ça me prend une heure. Je vois Paris qui s’éveille, les différents quartiers. C’est très intéressant.

Cette endurance, ça vous est utile dans votre métier ?

Oui car les enregistrements sont des vrais marathons. Nous enregistrons pendant une semaine complète jusqu’à six émissions par jour. C’est très intense. Le sport m’aide à savoir gérer mon effort.

Votre passion pour le sport vous a même amené à réaliser un documentaire sur la préparation des athlètes qui participeront aux JO.

J’ai soumis l’idée à France 3 (diffusion fin juillet). Je voulais me mettre en scène aux côtés des champions pour montrer la différence entre un sportif du dimanche (qui a bouclé un Iron Man en 13 heures tout de même) et un athlète de haut niveau. Les champions, on ne les voit qu’entre eux donc on ne se rend pas compte de la prouesse. J’ai fait une interview de Coralie Balmy en nageant, une rencontre avec François Pervis sur l’anneau (cyclisme sur piste, ndlr). Ses cuisses, c’est la taille de mon tronc ! Il est capable de soulever 145 kilos et moi, je n’ai même pas réussi à faire bouger la barre.

Cet été, vous animerez également la matinale sur Europe 1.

Je n’aime pas trop les vacances. Deux ou trois jours ça va, mais après, je tourne en rond.