Airbnb collectera directement la taxe de séjour à Saint-Malo

TOURISME Le site a retenu vingt villes françaises pour prélever l'impôt…

Camille Allain

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Les remparts de Saint-Malo vus depuis la plage.
Les remparts de Saint-Malo vus depuis la plage. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Fixée entre 0,30 centime et 1,50 euro par personne et par nuit, la taxe de séjour ne devrait pas plomber votre budget vacances à Saint-Malo. Pourtant, depuis l’arrivée de sites comme Airbnb, l’impôt touristique cristallise les tensions entre les hôteliers et les particuliers proposant leur logement à la location. « Concurrence déloyale », dénoncent les responsables d’hôtels, forcés de faire payer la taxe à leurs clients.

« Que tout le monde fasse la même chose »

Pour répondre aux critiques, le site Airbnb a retenu 18 villes où elle collectera directement la taxe lors de la réservation, comme elle le faisait déjà à Paris et à Chamonix. Seul représentant breton, Saint-Malo verra donc Airbnb lui reverser l’impôt perçu à partir du 1er août. « C’est une excellente nouvelle. Pour nous, ce n’est pas tant le montant qui est important, car cela restera marginal. Mais c’est important que tout le monde soit sur un pied d’égalité », estime Jean-Michel Le Pennec, adjoint aux finances à la ville de Saint-Malo. « Il faudrait que tous les sites fassent la même chose », glisse un patron d’hôtel.

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A Saint-Malo, la taxe de séjour rapporte chaque année un million d’euros à la municipalité. Et pour s’assurer qu’elle soit bien payée, la ville a mis en place un service dédié, chargé de s’assurer que l’impôt est bien payé. « Il y avait une concurrence déloyale. Nous rappelons donc à l’ordre tous les particuliers qui ne payent pas », poursuit l’élu. En deux ans, plus de 450 personnes ont ainsi été rappelées à l’ordre dans la seule ville de Saint-Malo. La municipalité avait même écrit aux membres du Gouvernement pour les alerter sur cette « concurrence déloyale ».

Bientôt un logiciel plus facile

Pour faciliter les démarches des propriétaires, la ville va mettre en place un logiciel permettant aux loueurs de déclarer l’arrivée de nouveaux occupants. Dans la cité corsaire, plus de 300 logements sont proposés à la location sur Airbnb. Une offre conséquente, mais qui est encore loin de cannibaliser l’offre hôtelière, comme c’est le cas à Paris par exemple. « Depuis quelques années, nous voyons le nombre de nuitées augmenter dans notre ville. Mais ce sont avant tout les hôteliers qui en profitent », assure l’élu, en se basant sur les montants de la taxe de séjour.