«Malade», la Bretagne n’en a pas fini avec les algues vertes

ENVIRONNEMENT Une première réunion de travail se tient à Rennes ce mercredi…

Camille Allain

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Un employé communal enlève des algues vertes sur la plage de Saint-Michel-en-Grève, dans les Côtes d'Armor, en 2008
Un employé communal enlève des algues vertes sur la plage de Saint-Michel-en-Grève, dans les Côtes d'Armor, en 2008 — Fred Tanneau AFP

A quinze jours du mois de juillet et du lancement de la haute saison touristique, la Bretagne s’est penchée sur son mal estival récurrent : les algues vertes. Une première réunion de travail s’est tenue mercredi à Rennes afin d’élaborer un nouveau plan de lutte qui entrera en vigueur en 2017.

« Ça va beaucoup mieux »

Lancé en 2010, le premier plan a déjà donné des résultats probants. Dans la baie de Saint-Brieuc par exemple, la quantité d’algues ramassée est passée de 20.000 tonnes à 5.000 l’an dernier. « La Bretagne est malade, mais elle se soigne. Aujourd’hui, ça va beaucoup mieux, mais il faut poursuivre nos efforts », évoque Thierry Burlot, vice-président de la région en charge de l’environnement.

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Après les médiatiques morts d’un cheval et de sangliers, la région croise les doigts pour que le phénomène ne vienne pas polluer les plages et donc son économie touristique cet été. Dans un reportage diffusé la semaine dernière, France Inter évoquait un manque à gagner d’un milliard d’euros pour la région en raison des algues vertes. « Les algues vertes sont un fléau. Il nous a fallu cinq ans pour retrouver la fréquentation que nous avions avant. Mais ce chiffre est très élevé et très contestable », estime Thierry Burlot.

De nouveaux problèmes

Pointés du doigt pour leur responsabilité dans l’apparition des algues vertes, les agriculteurs ont dû se plier à de nouvelles réglementations, souvent contraignantes, pour limiter leurs rejets. Les résultats sont là. La concentration en nitrates a baissé de 15 à 20 milligrammes par litre dans les cours d’eau.

Tout n’est pas parfait pour autant et la région surveille désormais ses estuaires, jusqu’ici épargnés mais touchés ces dernières années. « Ce qu’il faut, c’est réfléchir à un nouveau modèle agricole qui soit vertueux économiquement et écologiquement. Alors on aura gagné la bataille », estime le vice-président de la région.

En attendant de trouver la solution miracle, la Bretagne croise les doigts pour les échouages soient les moins importants possibles. Histoire de ne pas gâcher la carte postale.