Défense: Un missile bientôt tiré au large de la Bretagne

DEFENSE Des opposants ont manifesté dimanche à Penmarc'h...

C.A. avec AFP

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Le missile M51 sera tiré depuis un sous-marin au large de la Bretagne.
Le missile M51 sera tiré depuis un sous-marin au large de la Bretagne. — Francois Mori POOL

Un tir d’essai devrait être mené par la Direction générale de l’armement (DGA) entre le 13 juin et le 6 juillet au large de la Bretagne, à en croire un arrêté publié par la préfecture maritime de l’Atlantique sur son site internet. L’institution y précise que la navigation et les activités nautiques comme la pêche seront interdites dans le secteur de la pointe de Penmarc’h du 13 juin au 6 juillet.

« Une violation du traité de non-prolifération nucléaire »

La DGA devrait procéder à un tir d’essai du missile M51, remplaçant du M45. Ce missile intercontinental est destiné à équiper les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de nouvelle génération.

Dimanche, plusieurs dizaines de manifestants se sont rassemblés au pied du phare d’Eckmühl, à Penmarc’h (sud du Finistère) à l’appel de la Fédération antinucléaire de Bretagne pour protester contre cette décision. « Ce tir est une violation du traité de non-prolifération nucléaire et est un encouragement pour d’autres puissances à persévérer dans l’escalade nucléaire », a déclaré Roland Nivet, porte-parole national du Mouvement de la Paix.

Le 5 mai 2013, un missile M51 tiré depuis un sous-marin nucléaire lanceur d’engins (SNLE) avait explosé en plein vol à 25 km des côtes finistériennes peu après son départ. L’incident avait été classé secret défense. Avant l’échec du 5 mai 2013, cinq essais avaient réussi. En septembre 2015, un missile avait été tiré avec succès depuis le site d’essai de la DGA à Biscarrosse (Landes).

600 fois Hiroshima

D’une hauteur de 12 mètres et d’un poids maximal de 56 tonnes avec ses six têtes nucléaires, le M51 dispose, par rapport aux M45, d’une portée sensiblement accrue (de l’ordre de 8.000 km contre 6.000 km) et d’une précision améliorée. Selon les antinucléaires bretons, le missile qui doit être tiré est « une nouvelle version capable d’embarquer une puissance de frappe de 600 fois Hiroshima jusqu’à 9.000 km de distance ».