Rennes: Des agriculteurs contrôlent l'origine des viandes dans un restaurant Courtepaille

AGRICULTURE Ils ont interpellé le directeur de l’enseigne…

Camille Allain

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Des éleveurs de la FNSEA se sont rendus le 7 juin 2016 dans un restaurant Courtepaille de Rennes pour contrôler l'origine des viandes.
Des éleveurs de la FNSEA se sont rendus le 7 juin 2016 dans un restaurant Courtepaille de Rennes pour contrôler l'origine des viandes. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Suède, Italie, Allemagne, Pologne et… France. A l’entrée du restaurant Courtepaille situé route de Lorient à Rennes, les agriculteurs de la FNSEA ne sont pas déçus. Venus contrôler l’origine des viandes, les éleveurs voient leurs craintes se confirmer. La chaîne de grill est une grande adepte de la viande étrangère. « Avec le niveau des salaires en Suède, je me demande comment on ne peut pas être compétitifs. C’est vraiment que la crise est grave », lance Loïc, de la FNSEA35.

« C’est juste marqué transformé en France »

« Le porc, il vient d’où ? », interrogent les éleveurs. « Je ne sais pas. Ce sont des ribs surgelés. C’est juste marqué que c’est transformé en France », répond le gérant benoît Quéré, embêté. Dans ce restaurant, seul le steak tartare, les steaks hachés et les saucisses sont français. « Vous comprenez que vous nous tirez vers le bas en faisant ça. On n’arrive plus à vivre dans nos campagnes. Sans compter que vos clients ne savent même pas ce qu’ils mangent », lance Roselyne, éleveuse à Guichen.

Des éleveurs de la FNSEA se sont rendus le 7 juin 2016 dans un restaurant Courtepaille de Rennes pour contrôler l'origine des viandes.
Des éleveurs de la FNSEA se sont rendus le 7 juin 2016 dans un restaurant Courtepaille de Rennes pour contrôler l'origine des viandes. - C. Allain / APEI / 20 Minutes

Interpellé par les agriculteurs, le directeur tente de s’expliquer. « Je suis franchisé indépendant. Je n’ai pas vraiment la possibilité de travailler en direct et de passer à côté de nos fournisseurs. Moi aussi je trouve ça dommageable », avoue le gérant. Installé depuis un an et demi, il assure « ne pas avoir le pouvoir » de changer les choses, mais promet d’évoquer le sujet la semaine prochaine, lors d’une réunion à Paris. Dans son restaurant, la décoration évoque les fermes d’antan et le travail de la terre. Seul un petit écriteau à l’entrée mentionne l’origine des viandes servies.

« Nous sommes là pour discuter »

A en croire la FNSEA, l’action menée ce matin sera renouvelée dans les jours à venir dans d’autres établissements de la région. « Les enseignes de grill ont toutes les mêmes pratiques. Nous sommes là pour discuter, pas pour mettre le souk », assure Loïc. « Mais nous reviendrons en juillet, pour voir ce qui a été fait », prévient un autre éleveur.

Des éleveurs de la FNSEA se sont rendus le 7 juin 2016 dans un restaurant Courtepaille de Rennes pour contrôler l'origine des viandes.
Des éleveurs de la FNSEA se sont rendus le 7 juin 2016 dans un restaurant Courtepaille de Rennes pour contrôler l'origine des viandes. - C. Allain / APEI / 20 Minutes

Après de nombreuses actions coup de poing ces derniers mois, les agriculteurs ont regagné leur ferme pour les semis du printemps. Ils ont décidé de mener des actions ciblées plutôt que de retourner dans la rue, déjà bien occupée par les opposants à la loi Travail. « La crise est toujours là. Il y a de la tension dans nos campagnes et certains sont prêts à en découdre. Il faut que l’on soit vigilant », explique Loïc Guines, président de la FDSEA35.