Rennes: Le Club de la Presse saisit le Défenseur des Droits après des violences sur des journalistes

LOI TRAVAIL Les forces de l’ordre ont violement chargé le cortège de manifestants jeudi…

Jérôme Gicquel

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Un policier fait usage de gaz lacrymogène sur les manifestants, à Rennes le 2 juin 2016
Un policier fait usage de gaz lacrymogène sur les manifestants, à Rennes le 2 juin 2016 — DAMIEN MEYER AFP

La charge musclée des policiers contre les opposants à la loi Travail jeudi après-midi à Rennes a marqué les esprits. Alors que certains manifestants tentaient d’envahir la rocade, des membres de la Section d’Intervention ont violemment réprimé le cortège à l’aide de gaz lacrymogènes et de coups de matraques. Plusieurs personnes ont été blessées lors de cette charge, notamment des journalistes qui ont été frappés et bousculés par les forces de l’ordre.

Ces violences commises sur des journalistes ont été vivement condamnées par le Club de la Presse de Bretagne qui a décidé de saisir dans la foulée le Défenseur des Droits pour dénoncer « ces violences inacceptables ». Institution de l’Etat indépendante, le Défenseur des Droits est chargé de « défendre les personnes dont les droits n’ont pas été respectés ».

« Ici, c’est le droit d’informer qui est délibérément attaqué », souligne le Club de la Presse de Bretagne, qui a alerté plusieurs fois ces dernières semaines les autorités sur « les menaces, insultes et intimidations » auxquelles doivent faire face les journalistes « de la part de la frange la plus radicale des opposants à la loi Travail ».

Le préfet répond aux accusations

Sommé de s’expliquer sur le déroulé de la manifestation de jeudi, le préfet Christophe Mirmand a indiqué dans la soirée qu’il déplorait et regrettait toutes les violences « si elles existent ». « La liberté de la presse doit être respectée mais il faut aussi tenir compte des conditions difficiles dans lesquelles les forces de l’ordre interviennent », a réagi le préfet. « Les forces de l’ordre sont extrêmement sollicitées ces dernières semaines et exposées aux violences, ils méritent donc toute notre considération », a ajouté Christophe Mirmand.

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Pour l’heure, aucune enquête interne n’a été ouverte concernant les violences commises jeudi après-midi. « Si des infractions ont été commises par des policiers, les victimes peuvent porter plainte au parquet », a indiqué Patrick Chaudet, directeur départemental de la sécurité publique.