Football féminin: «Camille Abily n'avait peur de rien, surtout pas des garçons», déclare son premier entraîneur

SPORT La Rennaise est de retour dans sa ville natale avec l'équipe de France...

Jeremy Goujon

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La Rennaise Camille Abily, ici lors d'un match amical entre la France et l'Écosse, le 28 mai 2015.
La Rennaise Camille Abily, ici lors d'un match amical entre la France et l'Écosse, le 28 mai 2015. — É. Pol / Sipa

Des quatre Bretonnes retenues par le sélectionneur Philippe Bergeroo (avec les Finistériennes Griedge Mbock Bathy Nka et Clarisse Le Bihan, plus la Morbihannaise Eugénie Le Sommer), Camille Abily sera sans doute la plus applaudie, vendredi soir, au Roazhon Park.

La petite fille est une guerrière

Moins de dix ans après un France-Angleterre disputé dans sa ville de naissance, la milieu de terrain revient effectivement à Rennes avec les Bleues, pour y affronter la Grèce en éliminatoires de l’Euro 2017 (21 h). Abily, qui vient de remporter la Ligue des champions avec l’Olympique Lyonnais, espère sûrement, cette fois-ci, débuter la rencontre, elle qui n’était que remplaçante en 2006 (sept petites minutes disputées).

Rester sur le banc, une souffrance pour la Rennaise, quand bien même la douleur est ailleurs. « J’ai le souvenir d’elle durant un tournoi à Paris. Elle se fait ouvrir l’arcade par un partenaire en quart. Elle a été se faire poser des fils et pendant toute la finale, elle était à mes côtés, et me tirait sur le pull : "Je veux rentrer ! Je veux rentrer !" Elle avait l’œil complètement fermé. » Une warrior, donc, décrite ici pour 20 Minutes par son tout premier entraîneur, Christian Genefront. « C’était déjà une battante, poursuit l’éducateur. Elle n’avait peur de rien, surtout pas des garçons quand elle jouait avec eux. »

Contrainte de jouer avec les filles

De 6 à 14 ans, Camille Abily fut la seule fille de son équipe à Bruz (ce qui ne l’a pas empêché de devenir capitaine), où tout commença « bizarrement » selon Genefront. « Elle se trouvait sur un plateau débutants, il manquait un joueur. Alors que son frère jouait, elle était en train de jongler sur le bord de la pelouse. Je lui ai demandé si elle voulait jouer, et c’est parti comme ça. »

« J’étais bien avec les copains, j’étais la petite chouchoute, confiait l’intéressée en février 2015. J’ai poussé pour rester avec eux, mais à 14 ans, j’étais obligée d’aller avec les filles. » C’est au Rheu (D2), puis à Saint-Brieuc (D1), que la carrière d’Abily décolla, avant la conquête des premiers titres collectifs et individuels à Montpellier (double championne de France en 2004 et 2005, élue meilleure joueuse en 2006, un Challenge de France la même année).

Une médaille sinon rien aux Jeux

Alors que son palmarès en club ne cesse de gonfler depuis ses débuts à Lyon (2006), il ne lui manque finalement plus qu’une consécration en équipe de France (163 sélections et 31 buts depuis septembre 2001). « La Coupe du monde au Canada, l’année dernière [élimination en quart de finale face à l’Allemagne], aurait pu faire basculer les Bleues dans une autre dimension », regrette Christian Genefront.

Camille Abily parlait à l’époque de « tournant de l’histoire ». À elle (et ses coéquipières) de ne pas louper celui des JO de Rio, pour ce qui pourrait bien être son ultime compétition internationale