Ligue 1: «Tous les Bretons voudraient voir le Stade Rennais à un meilleur niveau», assure Georges Cadiou

INTERVIEW L'ancien journaliste est l'auteur de plusieurs ouvrages à paraître sur les clubs de la région...

Propos recueillis par Jeremy Goujon

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Supporters rennais et guingampais réunis à Saint-Denis avant la finale de la Coupe de France 2009.
Supporters rennais et guingampais réunis à Saint-Denis avant la finale de la Coupe de France 2009. — A. Réau / Sipa

Ancien journaliste et commentateur sportif (plus de 1.200 matchs en direct à son actif), l’auteur breton Georges Cadiou inaugurera le 9 juin la nouvelle collection « Mémoire d’un club », qui propose de retracer l’histoire de clubs emblématiques du football français. Les deux premiers ouvrages sont consacrés au Stade Rennais et à l’En Avant de Guingamp.

Pourquoi ces publications ?

Il s’agit d’une commande d’un éditeur allemand, Wartberg, qui publie pas mal de bouquins en français. Il lance donc cette nouvelle collection, avec de petits livres d’une centaine de pages chacun, à l’illustration assez riche. Il m’a demandé de faire les cinq clubs bretons, puisque pour moi, Nantes est en Bretagne. J’ai commencé par l’En Avant de Guingamp et le Stade Rennais. Non pas pour refaire les finales de Coupe, mais comme je suis originaire du Huelgoat (Centre Finistère), où on parle le même breton qu’à Guingamp, il y a quand même une affinité de cœur avec l’EAG.

Mais vous avez planché en même temps sur le SRFC…

Historiquement, cela reste le doyen du foot breton. De plus, j’ai été étudiant à Rennes dans les années 1970, et j’ai assisté à la fameuse demi-finale de Coupe de France contre Marseille, en 1971. Le club a donc beaucoup compté pour moi quand j’étais plus jeune et plus beau (sic).

Quand sortiront les ouvrages dédiés aux trois autres clubs bretons (FC Nantes, FC Lorient et Stade Brestois) ?

Ce sera pour septembre-octobre. Je souhaite d’ailleurs que Brest remonte au plus vite en première division, et qu’on ait, pour paraphraser De Gaulle, le quart de la France du football qui serait breton [soit cinq équipes sur les 20 que compte la L1].

La préface du titre dédié au Stade Rennais est signée Jean-Paul Ollivier. Une façon d’associer foot et cyclisme, les deux « sports préférés des Bretons », comme vous l’écrivez ?

D’une certaine manière, oui. J’ai voulu un préfacier pour chaque bouquin. Par exemple, Christian Gourcuff a rédigé celle sur Lorient, et Paul Le Guen, celle sur Brest. Pourquoi Jean-Paul pour Rennes ? Parce qu’il a beaucoup suivi le club dans les années 1970, lorsqu’il travaillait à France 3 Bretagne. On a fait des Tours de France ensemble, mais c’est aussi quelqu’un qui adore le foot. Il a la même perception que moi du SRFC : on est toujours un peu frustrés, il est 3e en février et 8e ou 9e en fin d’exercice… Il ne faut pas se leurrer : tous les Bretons voudraient voir le Stade Rennais à un meilleur niveau en fin d’année.

La couverture du livre de Georges Cadiou consacré au Stade Rennais.
La couverture du livre de Georges Cadiou consacré au Stade Rennais. - Éditions Wartberg

Vos livres sont abondamment illustrés. Dans Le Stade Rennais, on voit ainsi plusieurs joueurs des 60’s en train de fumer une cigarette dans le vestiaire…

Je ne fais pas de la pub pour le tabagisme, je sais les dégâts que ça peut faire, mais c’était un clin d’œil pour montrer que les joueurs s’en grillaient volontiers une après un match. C’était plus cool dans les années 1960, voire 1970, qu’aujourd’hui. La diététique n’existait pas vraiment, etc. Je ne vais pas citer de noms, mais je connais des joueurs qui, à l’image des rugbymen, faisaient des troisième mi-temps… C’était l’esprit d’une époque.

Vous établissez en fin d’ouvrage une liste des « grands joueurs du SRFC », laquelle s’arrête chronologiquement à Alexander Frei. Cela veut dire qu’aucun élément n’est sorti du lot depuis 2006 ?

Il y a eu de bons joueurs, mais je n’ai pas trouvé quelqu’un qui se détache. Il y a le « p’tit dernier » [Ousmane Dembélé], mais il part. Avant Frei, les joueurs restaient plus longtemps au club. Depuis, il y a eu beaucoup de passages, ce qui fait qu’aucun n’a eu le temps de marquer l’histoire de sa présence. J’espère que Yoann Gourcuff va pouvoir le faire. Sa condition physique est encore un point d’interrogation, même si son père m’a dit qu’ils avaient localisé le mal. Si Yoann retrouve une bonne partie de ses moyens, là, évidemment, il y aura de nouveau un joueur marquant à Rennes.

Bouclage oblige, le retour de votre « pote » Christian Gourcuff n’a pas pu être évoqué. Qu’en pensez-vous ?

C’est un pari pour Christian, même s’il ne fait rien par hasard. À l’origine, c’est un prof de maths, un « rigoriste ». Alors qu’il avait d’autres propositions - il m’a dit que le projet brestois aurait pu l’intéresser - il a finalement préféré Rennes. C’est une bonne nouvelle pour ce club, car Christian Gourcuff est un excellent entraîneur. Et puis, c’est le meilleur moyen pour relancer Yoann Gourcuff. On me dit : «  Claude Puel avec son fils à Nice, ce n’était pas trop ça… » Je m’excuse, mais Yoann Gourcuff est peut-être à un autre niveau que le fils de Claude Puel.