Le douloureux quotidien de Clément, atteint de la maladie de Lyme

SANTE L’association France Lyme se mobilise samedi avec des rassemblements dans plusieurs villes de France…

Jérôme Gicquel

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Clément tente de se soigner avec des médicaments venus d'Allemagne qu'il achète sur Internet.
Clément tente de se soigner avec des médicaments venus d'Allemagne qu'il achète sur Internet. — J. Gicquel / APEI / 20 Minutes

« C’est une vraie bombe à retardement ». Atteint depuis près d’un an de la maladie de Lyme, Clément ne mâche pas ses mots pour décrire ce qu’il considère être « la pandémie de ce début du XXIe siècle ». Encore assez méconnue du grand public et difficile à diagnostiquer, cette maladie infectieuse est transmise principalement par des morsures de tiques. « Mais il y a aussi eu des infections à cause d’araignées ou d’insectes piqueurs », assure Clément, qui milite au sein de l’association France Lyme en Bretagne.

Pour informer le grand public sur les dangers de la maladie et alerter les autorités sur « ce scandale sanitaire », l’association organise ce samedi des rassemblements un peu partout en France, et notamment à Rennes avec une manifestation qui s’élancera à 10h de la place de la Mairie. « C’est une maladie qui touche beaucoup de monde mais qui est encore méconnue et très mal prise en charge », indique Clément.

Une maladie aux multiples symptômes

C’est en se baladant il y a trois ans environ dans une forêt au sud de Rennes que cet ancien agent de sécurité âgé de 38 ans s’est fait piquer par des tiques. « J’ai tout de suite été voir mon médecin traitant. Il m’a répondu que la maladie de Lyme n’existait pas en Bretagne et ne m’a donc pas donné d’antibiotique. On peut pourtant éviter que l’infection se propage si cela est traité à temps », témoigne le Rennais.

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Ce n’est finalement que l’été dernier que Clément ressent les premiers symptômes de la maladie. « J’ai eu un gros coup de fatigue, je n’arrivais plus à bouger de mon lit. Et avec la maladie de Lyme, les symptômes sont évolutifs. J’ai souffert de sciatiques, je suis devenu irritable et dépressif, j’ai perdu du poids. Certains ont perdu la vue ou se retrouvent même en fauteuil », raconte Clément. Contraint d’abandonner son travail, il se résout alors à consulter des spécialistes au CHU Pontchaillou pour faire reconnaître sa maladie. « Le test s’est révélé négatif. On m’a dit que j’étais dans une phase dépressive et que cela allait passer. C’est terrible car on a l’impression d’être fou ».

Un test jugé peu fiable en France

Accompagné par d’autres malades de l’association France Lyme, Clément se rend alors en Allemagne pour subir un autre test. « Il était cette fois positif. Cela montre bien que les tests sont obsolètes en France, près de la moitié des malades en France sont déclarés négatifs en France alors qu’ils sont en fait positifs ». Sa maladie n’étant pas reconnue en France, Clément ne peut bénéficier d’aucune aide de la part de l’Assurance Maladie.

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« Je suis obligé de commander mes antibiotiques venant d’Allemagne sur Internet. Et bien sûr tout cela est à notre charge », raconte le trentenaire, qui peut compter sur le soutien financier de ses parents. « J’ai plusieurs fois voulu partir mais je continue de me battre. Le pire avec cette maladie, c’est qu’on peut aller bien un moment et puis on rechute d’un coup une heure après. Avec cette maladie, on est un peu dans un film qui mélange horreur et science-fiction, c’est vraiment terrible », conclut Clément.