Une affaire de harcèlement sexuel qui embarrasse à Rennes 2

SOCIETE Un enseignant a été sanctionné par la commission disciplinaire mais certains étudiants trouvent la sanction trop clémente…

Jérôme Gicquel

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Des étudiantes sur le campus de Villejean de l'université Rennes 2.
Des étudiantes sur le campus de Villejean de l'université Rennes 2. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

La direction de l’université Rennes 2 aurait-elle tenté d’étouffer plusieurs cas de harcèlement sexuel en son sein ? C’est l’accusation portée par des étudiant(e) s de l’université, soutenus dans leur démarche par diverses organisations comme le syndicat Solidaires ou le comité Féminisme de Rennes 2. L’affaire remonte au début d’année. Deux enseignantes-chercheuses évoquent auprès du directeur des ressources humaines de l’université et de la médecine du travail des faits de harcèlement sexuel dont elles se disent victimes de la part de trois de leurs collègues masculins.

Président de Rennes 2, Olivier David engage alors une procédure disciplinaire à l’encontre des trois enseignants incriminés et les suspend de leurs fonctions le temps de l’examen du dossier. Le procureur de la République de Rennes est également mis au courant de cette affaire.

Un enseignant sanctionné et les deux autres relaxés

Réunie le 20 mai dernier, la section disciplinaire, qui a reçu entre-temps plusieurs témoignages anonymes d’étudiantes, a reconnu coupable un enseignant des faits de harcèlement sexuel dont il était accusé. « Il ne pourra accéder à aucun avancement de grade, corps ou classe pendant deux ans », précise la direction de l’université, ajoutant que « cette sanction précède l’exclusion ».

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Les deux autres enseignants ont quant à eux été relaxés par la section disciplinaire. « Dans ces deux dossiers, aucun fait n’était constitutif de harcèlement sexuel », indique l’université.

La direction nie avoir « cherché à étouffer » cette affaire

Pour le collectif d’étudiants et d’organisations qui révèle cette affaire, la décision prise est bien trop clémente. « Nous dénonçons cette décision de la section disciplinaire de relaxer ou d’appliquer une peine minime à des personnes accusées de harcèlement sexuel et dont les faits sont avérés », indiquent-ils dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux. « Nous demandons à Olivier David, président de l’université Rennes 2, de faire appel de la décision de la section disciplinaire sous peine de manquer à son devoir en tant que responsable de la sécurité au sein de son établissement », poursuivent-ils.

En cas de refus, le collectif prévoit de se tourner vers le recteur d’académie ou le ministère de l’Education. Du côté de l’université Rennes 2, on assure avoir « tout mis en œuvre dans cette affaire et n’avoir en rien cherché à l’étouffer ».