Bugaled Breizh: Audience de la dernière chance devant la cour de cassation

JUSTICE Le chalutier breton a coulé en 2004 pour une raison inexpliquée…

Camille Allain
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L'épave du chalutier Bugaled Breizh, le 13 juillet 2004
L'épave du chalutier Bugaled Breizh, le 13 juillet 2004 — Fred Tanneau AFP

C’est sans nul doute l’un des dossiers les plus opaques de la justice française. Coulé le 15 janvier 2004 au sud-ouest de l’Angleterre, le chalutier Bugaled Breizh a emporté avec lui ses cinq marins, et de nombreux secrets. Toujours inexpliqué, l’accident sera de nouveau examiné par la justice ce mardi. Après le non-lieu confirmé en appel en 2015 à Rennes, c’est au tour de la cour de cassation de se pencher sur le dossier. La juridiction devra statuer sur la bonne application, ou non, du droit.

« Les familles attendent la vérité »

Toujours sans réponse, les familles espèrent que cette audience va relancer l’affaire. « Pour qu’on reparte sur de nouvelles bases. Tout ce qu’on veut c’est qu’il y ait une justice, mais vraiment une justice au sens propre du mot », explique Michel Douce, l’armateur du chalutier breton. « Tout ce qui a été prononcé, l’a été sans fondement. Les familles ne sont pas là pour obtenir des indemnisations. Elles attendent simplement la vérité pour pouvoir faire leur deuil », embraye Dominique Launay, président de l’association SOS Bugaled Breizh.


L’enquête n’a jusqu’ici pas permis de déterminer les causes de l’accident. Pour les familles, tout porte à croire que c’est le sous-marin anglais Le Turbulent qui s’est pris dans les filets du chalutier et l’a entraîné vers le fond. « Il n’est pas possible qu’un bateau coule en 37 secondes à cause d’une voie d’eau. C’est évident », s’emporte Dominique Launay.

Une autre enquête en Angleterre

Des manœuvres internationales impliquant des sous-marins de diverses nationalités, y compris français, se déroulaient dans la zone où le chalutier pêchait. Close le 3 juillet 2013, l’instruction, qui s’est plusieurs fois heurtée au secret défense, n’a pas validé cette thèse.

Une autre enquête a également été ouverte en Angleterre afin de faire la lumière sur cette affaire. « Au moins on sait qu’il n’y a pas de pression là-bas. Peut-être que ça nous permettra de rouvrir le dossier en France », espère le président de SOS Bugaled Breizh.