Rennes: La manifestation contre les violences policières inquiète les autorités

MANIFESTATION Un rassemblement est prévu samedi à Rennes…

C.A.

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Les forces de l'ordre viennent libérer un carrefour à Rennes, ici lors de la manifestation contre la loi Travail le 21 avril 2016.
Les forces de l'ordre viennent libérer un carrefour à Rennes, ici lors de la manifestation contre la loi Travail le 21 avril 2016. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Si Rennes a été le théâtre de nombreux heurts en marge des manifestations contre la loi Travail, la tension est progressivement redescendue. Ce jeudi, le cortège a ainsi pu défiler dans le calme, même si quelques dégradations ont été commises, notamment sur la mairie.

Ce qui inquiète les autorités, c’est surtout le rassemblement annoncé samedi et censé dénoncer « les violences policières ». « Ça nous préoccupe beaucoup car le but de certains sera clairement de s’en prendre aux forces de l’ordre. Nous mettrons les moyens appropriés et ferons un usage modéré de la force si nécessaire », avance Patrick Dallennes, préfet de la zone de défense Ouest.

Dénoncer « les attaques »

S’il est difficile de prévoir l’ampleur de la mobilisation, les autorités craignent que des individus violents ne soient présents. « L’appel à manifester a été relayé dans les réseaux militants à Nantes et dans d’autres villes de l’Ouest », précise le préfet.

Les organisateurs ont de leur côté fait savoir qu’ils entendent dénoncer « les attaques sans distinction de la police sur l’intégralité du cortège ». « Nous sommes prêts à nous organiser pour nous défendre et nous protéger, à nous organiser pour garder la rue et ne plus subir », poursuivent les organisateurs,installés salle de la Cité. « Il y a une volonté du Gouvernement de pourrir le mouvement avec des hélicos et des barrières anti-émeutes », abonde Sud Solidaires, seul syndicat à appeler à manifester. Les autres syndicats salariés n’appellent pas au rassemblement.

Le 28 avril, un étudiant de 20 ans a perdu un œil lors d’une manifestation, vraisemblablement après un tir de LBD, petit frère du Flash-Ball. L’IGPN a ouvert une enquête pour éclaircir les circonstances du drame. Plusieurs plaintes ont été déposées par des manifestants et des policiers depuis le début du conflit à Rennes. Certains manifestants ont par ailleurs été condamnés pour des jets de projectiles et des violences.