Handball: Pourquoi Cesson-Rennes va-t-il recevoir le PSG au Mans?

SPORT Les Irréductibles délocalisent encore l’une de leurs rencontres de LNH...

Jeremy Goujon

— 

Le Cessonnais Romain Briffe, aux prises avec les Parisiens Narcisse et Abalo, lors de la demi-finale de Coupe de France du 3 avril 2016.
Le Cessonnais Romain Briffe, aux prises avec les Parisiens Narcisse et Abalo, lors de la demi-finale de Coupe de France du 3 avril 2016. — P. Riou / Cesson-Rennes Métropole HB

Après Brest et Saint-Brieuc (sans compter le Liberté à Rennes), Cesson jouera de nouveau un match à domicile... « à l’extérieur », mercredi, face au PSG (20 h). Pourquoi au Mans ? « Parce que j’adore cette ville », répond spontanément (et ironiquement) le vice-président cessonnais Stéphane Clémenceau. Mais encore ?

Parce qu’il faut bien vivre

Cesson-Rennes et son budget riquiqui (le plus faible de D1 avec 2,04 millions d’euros, à comparer aux 16,55 millions du champion de France) font office de miracle permanent en LNH (7e saison consécutive à ce niveau). Pour pouvoir lutter dans ce championnat, le club bretillien a désormais l’habitude de « prendre tous les risques financièrement », selon Stéphane Clémenceau, dont celui consistant à « délocaliser ce type d’événement, afin de générer une recette sympathique ».

La rencontre à Antarès, l’antre habituel des basketteurs manceaux, rapportera ainsi 14 fois plus qu’un rendez-vous au Palais des sports de la Valette, où évoluent traditionnellement les Irréductibles.

Parce qu’à Rennes (ou à côté), ça traîne

Une nouvelle salle, dotée de 4.000 places, devrait (enfin) voir le jour à Cesson-Sévigné, d’ici 2018. Soit neuf ans après la montée des locaux en première division. « C'est juste dingue d'être obligé de se poser cette question-là de façon récurrente, s'étonne Clémenceau. Il y a des réflexions qui se mènent, des échanges, des réunions, mais ce n’est pas un sujet "Cesson-Rennes Métropole Handball". C’est un sujet vraiment politique. De toute manière, si on n’a pas de solution à court terme sur le territoire rennais, on arrêtera. Mais comme je n’ai pas envie de crever la gueule ouverte, je reste optimiste : on va avoir une salle. »

À noter que le Liberté ou le Parc des expositions à Bruz, replis envisagés pour la réception du PSG, n’étaient pas disponibles.

Parce qu’au Mans, c’est grand (et pas trop loin)

En collaborant avec Antarès, enceinte pouvant abriter 5.800 spectateurs en configuration handball (contre 1.500 à la Valette), les dirigeants cessonnais apportent un peu plus d’eau à leur moulin. « C’est la plus grande capacité d’accueil du coin. Ce n’est pas neutre que d’être capable d’attirer près de 6.000 personnes pour du sport en salle [Cesson-PSG affiche déjà complet]. Il n’y a pas tant de clubs en France qui l’ont fait, toutes disciplines confondues », constate Stéphane Clémenceau.

Autre atout : la distance Rennes-Le Mans, « pas insurmontable pour (nos) partenaires et abonnés ». Petit bémol : le public viendra avant tout pour voir les stars parisiennes. « On en est parfaitement conscients, reconnaît Clémenceau. Mais si on arrive à mettre le feu en début de match, les 80 % de Sarthois pourront prendre fait et cause pour le petit face au gros… »