Ligue 1: «Guingamp reste à la fois un très bon et un mauvais souvenir», rembobine Fabrice Divert

FOOTBALL L'ancien attaquant de l'équipe de France raconte son passage dans les Côtes-d'Armor...

Jeremy Goujon

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Fabrice Divert face à Ronald Koeman, lors du France-Pays-Bas disputé le 5 juin 1992.
Fabrice Divert face à Ronald Koeman, lors du France-Pays-Bas disputé le 5 juin 1992. — football-vintage.com

Légende du Stade Malherbe Caen, dont il reste le meilleur buteur en première division (et le seul joueur formé au club à avoir porté le maillot de l’équipe de France durant sa période caennaise), Fabrice Divert a également marqué l’histoire de l’En Avant de Guingamp (1995-1996). L’ancien attaquant raconte son passage en Bretagne, alors que les deux équipes s’affronteront au Roudourou, dimanche (17 h).

Au départ, un très bon souvenir…

« J’arrivais dans un groupe qui était monté en deux ans du National à la D1. Stéphane Guivarc’h partait à Auxerre, donc il y avait une opportunité pour moi [Divert est alors prêté par Montpellier], sachant que la famille Fournier [celle d’Hubert, connu à Caen] était déjà là. Avec la présence du coach Francis Smerecki, ce sont deux choses qui ont fait pencher la balance.

J’ai découvert une ville agréable et un club aux vertus familiales, comme j’avais pu connaître à Caen durant les premières années (1983-1991). Il fallait que l’équipe soit à la hauteur de la première division, ce qui a été le cas d’emblée. J’inscris le premier but guingampais en D1 [contre Martigues, le 19 juillet 1995], et puis, il y a ce match à Paris (1-1), où j’arrive à marquer. Deux buts en deux journées, pour quelqu’un qui voulait se relancer, c’était l’idéal. »

>>> À voir : Son unique but avec les Bleus, le 27 mai 1992 face à la Suisse

…avant une fin douloureuse

« On s’est rendu compte que j’avais une blessure qui sortait de l’ordinaire, pas facile à guérir [lésion à l’arrière du pied]. J’étais en plein doute, parce qu’auparavant, je n’avais jamais été blessé plus de 15 jours. Je reviens en décembre, pensant qu’il n’y avait plus de souci. Je dois rentrer à 20 ou 25 minutes de la fin contre Lille [sa 5e et dernière apparition avec l’EAG]. Je fais mon match, sans ressentir de gêne particulière. Le lendemain, la douleur était de nouveau présente.

J’ai tout essayé pour soigner cette voûte plantaire : les kinés du club, un autre à l’extérieur, un ou deux rebouteux que connaissait Lionel Rouxel [ex-attaquant guingampais], les aiguilles chinoises en Suisse… Avec la récidive, je passe les six mois suivants à marcher avec des béquilles. Guingamp reste donc aussi un mauvais souvenir, car ça correspond quasiment à l’arrêt de ma carrière [décidé à Montpellier, à seulement 29 ans].

Ce fameux but contre Martigues

« Il faudrait que le revoie… Je crois qu’il y a un centre, et je dois reprendre du plat du pied dans les six ou 18 mètres. Ce qui m’avait fait plaisir, c’était de redonner aussi tôt la confiance qu’on m’avait transmise. Et ce qui a été extraordinaire dans la continuité, c’est ce deuxième but pour assurer la victoire (2-0), signé Lionel (Rouxel). On a fait la paire comme lui et Guivarc’h l’avaient fait, même si, malheureusement, ça n’a duré que quatre matchs. »

Une lutte fratricide

« Mes deux garçons vont voir le match dimanche après-midi. L’aîné est né à Caen, le deuxième à Guingamp. Le plus jeune est supporter de l’EAG, alors que son grand frère est plus pour Malherbe et Montpellier. Ils vont à chaque Guingamp-Caen, que ce soit en Ligue 1 ou en Ligue 2. Dans ces cas-là, on souhaite un nul (sourire). »

>>> À voir : Son hat-trick salvateur pour Caen à Bordeaux, le 20 mai 1989

Annus horribilis pour les amis caennais

« Les seuls autres clubs que je pouvais éventuellement suivre, c’étaient le Stade Rennais, Lyon et l’AS Rome. Bon, malheureusement pour Philippe (Montanier), Hubert (Fournier) et Rudi (Garcia) [les trois techniciens ont été débarqués des équipes précitées cette saison]… Rennes déçoit un petit peu. J’avais l’impression que ça partait bien lors de la deuxième année de Philippe [en 2014-2015]. Je ne parlerai pas de la façon dont il a été évincé. C’est clownesque… »