Équipe de France: Quand Giovanni Sio marquait «du milieu du terrain» sous la tunique bleue

FOOTBALL L'international ivoirien du Stade Rennais a défendu les couleurs hexagonales dans sa jeunesse...

Jeremy Goujon

— 

L'attaquant du Stade Rennais Giovanni Sio, ici contre Guingamp le 30 septembre 2016.
L'attaquant du Stade Rennais Giovanni Sio, ici contre Guingamp le 30 septembre 2016. — D. Meyer / AFP

Titulaire le week-end dernier avec la Côte d’Ivoire, en éliminatoires de la Coupe du monde 2018 (0-0 au Maroc), Giovanni Sio pourrait, de nouveau, être aligné lors du match amical contre la France, ce mardi à Lens (21 h).

« Il a joué 90 minutes samedi, et quand c’est comme ça, généralement, ils font tourner, craint cependant Rodrigue Sio, frère de contacté par 20 Minutes. Espérons qu’il ait au moins une demi-heure de temps de jeu face aux Bleus. »

>> Sio (presque) double passeur décisif contre le Maroc (@ 1'20 et 1'45)

Avec Sissoko, N'Gog et Obertan

Pour ce qui serait alors « un match spécial », considérant le fait que « tous les enfants » de la famille Sio sont nés dans l’Hexagone, mais aussi parce que l’attaquant du Stade Rennais (27 ans) a porté, par le passé, le maillot de l’équipe de France. Du moins, celui de plusieurs équipes de jeunes (des U16 aux U18), quand l’intéressé fréquentait le centre de formation du FC Nantes.

« Il était dans la même promotion que Moussa Sissoko, David N’Gog et Gabriel Obertan, se souvient l’ancien sélectionneur Luc Rabat. Je leur disais toujours d’essayer de gagner leur place dans leur club formateur, et c’est pour ça que j’avais été surpris en voyant Giovanni partir de Nantes pour la Real Sociedad [en 2007, sans avoir joué une seule rencontre professionnelle avec les Canaris]. »

>> A lire aussi : Le néo-Rennais Giovanni Sio s'emmêle les pinceaux sur Twitter, les fans nantais réagissent

Un joueur qui aime les tournois

Selon Rodrigue Sio, cet éloignement du foot français n’a pas de lien de cause à effet quant au changement de nationalité sportive décidé par le frangin. « La Côte d’Ivoire, c’est le choix du cœur, mais il y avait aussi beaucoup de concurrence en France. Comme il n’a jamais été rappelé, il est donc parti avec les Espoirs ivoiriens, avec lesquels ça s’est super bien passé. Ils ont gagné le Tournoi de Toulon [en 2010], et Giovanni a voulu continuer sur cette voie [et obtenir en juin 2013 sa première cape avec les Éléphants A] ».

Aux côtés de la légende Didier Drogba, en novembre 2013.
Aux côtés de la légende Didier Drogba, en novembre 2013. - A. Bounhar / AP / Sipa

Dans le Var, Sio avait d’ailleurs offert le titre aux siens, face au Danemark (3-2). Mais son chef-d’œuvre demeure « le but du milieu du terrain » inscrit avec les U16 bleu-blanc-rouge, durant la finale du Tournoi du Val-de-Marne, le 30 octobre 2004 (3-2 - encore - contre le Portugal). « Ceux qui ont joué ce jour-là ne peuvent l’oublier, assure Rodrigue Sio. Et si vous en parlez aujourd’hui avec Giovanni, il vous répondra que c’est l’un des plus beaux buts de sa carrière. »

Cette fois, peu importe l’action : quelle serait la réaction des proches de Giovanni Sio, si ce dernier trouvait la faille face aux Bleus ? « Je serais contente, mais pas trop », sourit sa maman. « Parce qu’on est d’abord supporters de la France », explique son frère. Dilemme cornélien, quand tu nous tiens...