Bretagne: Des speed dating pour recruter les futurs médecins généralistes

SANTE L’ARS veut inciter les jeunes diplômés à s’installer…

Camille Allain

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Illustration d'une visite chez le médecin généraliste.
Illustration d'une visite chez le médecin généraliste. — Baleydier/SIPA

Alors que les jeunes diplômés sont de moins en moins nombreux à s’orienter vers la médecine généraliste, les professionnels en poste continuent de cumuler les consultations, faute de remplaçant. Qu’ils soient en ville ou à la campagne, les généralistes bretons ont toutes les peines du monde à trouver de jeunes médecins intéressés pour les remplacer. En témoigne la fausse annonce publiée récemment pour le recrutement d’un druide. Pour aider les collectivités, l’Agence régionale de santé de Bretagne renouvelle son opération de « généraliste dating ».

« Etre entourés, ne pas être isolés »

Comme pour le speed dating, les médecins doivent savoir séduire leur interlocuteur en un temps restreint. « Dire qu’on a un cabinet au bord de la mer, ça ne suffit pas. Ce que veulent les jeunes aujourd’hui, c’est avant tout de ne pas être isolés, d’être entourés d’autres professionnels et d’avoir une charge de travail raisonnable », explique Semiya Thouier, en charge de l’installation à l’ARS.

Si le problème des déserts médicaux n’est pas réglé, les problèmes sont maintenant clairement identifiés. « Le modèle du généraliste du village qui travaille six jours sur sept de 8h à 20h, ça ne tient plus. Les jeunes aspirent à une vie de famille. Il ne suffit pas non plus de construire une maison médicale. Ce qu’il faut, c’est un projet collectif », poursuit Semiya Thouier.

« Je faisais 60 consultations par jour »

Ces difficultés de recrutement, de nombreux territoires bretons les connaissent. A Ploërdut, entre Pontivy et Carhaix, le docteur Bertrand Daffos attend depuis des années de pouvoir recruter. « On est surbookés. Je travaillais de 8h à 20h et je faisais 60 consultations par jour. Je comprends que les jeunes ne veulent pas de ça », explique le médecin. La commune avait un temps recruté un médecin roumain, mais l’essai n’a pas été concluant.

L’an dernier, il a participéà la première édition du généraliste dating, où il a pu recruter un médecin stagiaire. « Nous avons ici une belle structure avec des infirmiers, un kiné, un podologue, et même un radiologue à venir. Il faut savoir se faire connaître », poursuit le généraliste, aujourd’hui âgé de 65 ans et qui ne travaille « plus que trois jours par semaine ».

Avant les rencontres officielles qui auront lieu en octobre et novembre à Rennes et Brest, les généralistes doivent d’abord réaliser une courte vidéo, censée vanter leurs atouts. Pour être retenues, ces vidéos doivent être envoyées avant le 15 juillet.