Rennes Métropole veut passer tous ses bus à l’électrique

TRANSPORTS La collectivité va lancer une grande phase de tests…

Camille Allain
— 
Illustration d'un bus du réseau Keolis à Rennes.
Illustration d'un bus du réseau Keolis à Rennes. — J. Gicquel / APEI / 20 Minutes

L’annonce se veut ambitieuse. Et sans doute un peu risquée. Mercredi, le président de Rennes Métropole Emmanuel Couet a fait savoir qu’il souhaitait voir l’ensemble du réseau de bus passer à l’électrique. « Notre objectif, c’est d’avoir une majorité de bus électriques d’ici 2025 et d’être à 100 % de la flotte avant 2030 », a fait savoir l’élu socialiste.

« Vérifier que notre objectif est réalisable »

Avant cela, les services de la métropole et de l’exploitant Keolis devront d’abord se pencher sur les nombreuses contraintes techniques que présente cette « petite révolution » : autonomie, moyen de recharge et conception de bus articulés adaptés. Pour répondre à ces questions, la métropole souhaite engager un partenariat d’innovation avec un industriel. « Ce n’est pas un pari ou un coup de com’. Nous devons vérifier que notre objectif est réalisable », poursuit Emmanuel Couet.

Le partenaire industriel, qui devrait être choisi dans le courant de l’été, devra ainsi relever le défi de construire un bus électrique articulé de 18 mètres de long. « Aujourd’hui, ils représentent 64 % de nos bus. Nous ne pouvons pas faire sans », assure Jean-Jacques Bernard, vice-président en charge des transports. La métropole est aujourd’hui propriétaire de 280 bus diesel âgés en moyenne de huit ans. L’an dernier, de nouveaux véhicules sont venus renouveler la flotte. « En 2016, nous n’en commanderons pas, pour concentrer nos moyens sur ce partenariat », assure l’élu.

L’expérimentation qui débutera cette année devrait permettre d’équiper la ligne 12 de bus électriques (sept au total) d’ici un an. Les premiers modèles articulés devraient être mis en service en 2018 sur la ligne 6. « Cela va révéler des difficultés et c’est le but », prévient Emmanuel Couet.

Bolloré déjà intéressé ?

La question de la recharge en journée se posera notamment. Faudra-t-il équiper les terminus de bornes ? Ou bien les bus rechargeront-ils en 30 secondes à l’arrêt comme c’est le cas sur le tramway électrique de Bolloré à Paris ? Le groupe du milliardaire breton, qui construit déjà sa Méhari électrique chez PSA à côté de Rennes, se serait d’ailleurs renseigné sur le projet de Rennes Métropole. « Cinq à six industriels se sont déjà montrés intéressés alors que l’on vient à peine de publier l’annonce », glisse le président de Rennes Métropole, satisfait.

L’opération, qui vise à limiter les émissions de polluants dans l’air, devra également prendre en compte une réalité économique. Un bus électrique coûte aujourd’hui plus cher qu’un modèle diesel, même si la maintenance et l’exploitation devraient s’avérer plus économiques. Dans une région qui ne produit que 12 % de l’électricité qu’elle consomme, la question de l’approvisionnement sera également soulevée. « Nous verrons avec ERDF comment gérer l’alimentation », assurent les élus.