Loi Travail: Comment éviter de nouveaux affrontements à Rennes?

MANIFESTATION Des heurts ont éclaté à chaque rassemblement…

C.A.

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Des manifestants contre la loi Travail, ici lors du rassemblement du 5 avril 2016 à Rennes.
Des manifestants contre la loi Travail, ici lors du rassemblement du 5 avril 2016 à Rennes. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Samedi à 11h, l’esplanade de Gaulle va de nouveau se parer de drapeaux syndicaux et attirer des milliers de manifestants venus crier leur opposition à la loi Travail de Myriam El Khomri. Depuis un mois, de nombreuses manifestations similaires ont été organisées dans la capitale bretonne. Et toutes se sont soldées par des heurts entre forces de l’ordre et manifestants. Comment faire pour que le mouvement ne déborde pas à nouveau ce samedi ? Nous avons posé la question aux syndicats.

« Chacun est libre d’aller où il veut »

« Nous mettrons de nouveau en place notre dispositif de sécurité et nous nous tiendrons à notre parcours », assure Loïc Morel, secrétaire départemental de la CGT et représentant de l’intersyndicale. Le 31 mars, les syndicats avaient fait de même. En vain, puisqu’une partie des manifestants avaient quitté le cortège, avant des affrontements qui avaient duré sept heures. « Nous ne pouvons pas contrôler tout le monde. Chacun est libre d’aller où il veut », recadre Fabrice Lerestif, secrétaire de Force Ouvrière.

Les manifestants sont dispersés à coups de gaz lacrymogènes. Ici à Rennes, le 5 avril 2016.
Les manifestants sont dispersés à coups de gaz lacrymogènes. Ici à Rennes, le 5 avril 2016. - C. Allain / APEI / 20 Minutes

Très encadrés par les forces de l’ordre, les manifestants dénoncent également « la pression » mise par les policiers et gendarmes mobilisés. Ils aimeraient que leur présence soit plus discrète. « Rien ne les oblige à être au contact des manifestants. C’est un facteur d’énervement et de provocation. Pourquoi ne pas reculer de 50 mètres », avance Loïc Morel. Sauf que pour certains manifestants, l’affrontement est clairement recherché et que les forces de l’ordre sont régulièrement visées par des jets de pierre ou de bouteilles.

Une stratégie « de pourrissement »

Comme leurs aînés, les syndicats étudiants critiquent l’attitude du Gouvernement. « On voit bien qu’ils sont dans une impasse donc ils optent pour une stratégie de pourrissement du mouvement en réprimant les manifestants », estime Bastien Zapata, représentant de l’Unef.

Evacuation manif loi Travail

L’évacuation des rails ce midi à Rennes, en marge de la manifestation.

Posté par 20 Minutes Rennes sur mardi 5 avril 2016

Mardi,lors de l’envahissement des rails, les forces de l’ordre avaient fait usage d’un grand nombre de lacrymogènes pour disperser les manifestants et libérer les voies. « Les lacrymogènes permettent avant tout d’éviter les actes de violences », avait expliqué le préfet Patrick Strzoda. Des manifestants avaient cependant commencé à ériger des barricades sur les rails. « Nous ne sommes pas là pour casser. La violence, elle est du côté de l’Etat qui ne nous écoute pas », estiment les syndicats.

« Beaucoup de gens ont peur de venir en manif »

De même, les syndicats s’interrogent sur la présence d’un hélicoptère de la gendarmerie au-dessus du cortège mardi. « C’est anxiogène. Il y a de plus en plus de gens qui n’osent plus venir en manif parce qu’ils ont peur », assure Clément Gautier, de Solidaires Etudiants. « Il y a une confiscation de l’espace public ».

Reste à savoir quelle sera l’ampleur de la mobilisation étudiante à Rennes, alors que les vacances de printemps ont débuté vendredi. Mardi déjà, les lycéens étaient très peu représentés dans le cortège.