Loi Travail: Le préfet interdit toute manifestation dans le centre historique de Rennes

MANIFESTATION Un appel à rassemblement a été annoncé par des étudiants...

C.A.

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Des heurts ont éclaté entre policiers et manifestants jeudi 31 mars dans le centre-ville de Rennes.
Des heurts ont éclaté entre policiers et manifestants jeudi 31 mars dans le centre-ville de Rennes. — J. Gicquel / APEI / 20 Minutes

Après les débordements lors de la manifestation du 31 mars, le préfet d’Ille-et-Vilaine Patrick Strzoda a annoncé que l’accès au centre historique de Rennes serait interdit aux manifestants ce mardi. Si les organisations syndicales se concentrent sur la manifestation contre la loi Travail du samedi 9 avril, une assemblée générale réunie à l’université Rennes 2 lundi midi a voté en faveur d’un rassemblement place du Parlement.

Des canons à eau dans le centre

« Tout ce que fait le préfet n’est pas pour réprimer le mouvement social et il n’y a pas d’interdiction par principe. Mais la liberté de manifester ne doit pas mettre en cause l’ordre public », a déclaré Patrick Strzoda. L’accès au centre historique et notamment à la place du Parlement sera donc barré par les forces de l’ordre. Des canons à eau devraient d’ailleurs être réquisitionnés pour maintenir l’ordre.

Lundi, un appel à rassemblement sur le modèle #NuitDebout a été lancé à l’université Rennes-II. « Il est hors de question de se rendre place du Parlement, de défiler ou de se réunir dans le centre historique. La valeur patrimoniale des lieux n’est pas compatible avec des rassemblements qui peuvent dégénérer », a précisé le préfet.

Posté par 20 Minutes Rennes sur jeudi 31 mars 2016

Jeudi dernier, un dispositif similaire avait été mis en place. Des heurts entre manifestants et forces de l’ordre avaient éclaté. « 749 grenades lacrymogènes ont été tirées à Rennes et 1.710 à Nantes », a rappelé le préfet, qui réfute tout usage démesuré. «Les gaz lacrymogènes ont permis de contenir les actes de violences. Cette violence, elle est du côté des casseurs».

Un syndicaliste se plaint de violences

Le 31 mars, douze personnes avaient été interpellées et dix mises en examen en marge du rassemblement contre la loi Travail. L’un d’eux, un syndicaliste de 60 ans, a dénoncé des violences policières à son encontre. « Les forces de l’ordre ont dû gérer une situation difficile et ont essuyé des jets de projectiles pendant huit heures. Si certaines personnes se sentent victimes, elles peuvent faire valoir leur droit et porter plainte », a réagi le préfet d’Ille-et-Vilaine.