Rennes: Un dispositif pour réduire la mortalité chez les prématurés

SANTE De nouveaux outils de surveillance sont déployés pour un diagnostic plus précoce des infections…

Jérôme Gicquel

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Une caméra filme en permanence les mouvements de la petite Lucie dans sa couveuse.
Une caméra filme en permanence les mouvements de la petite Lucie dans sa couveuse. — J. Gicquel / APEI / 20 Minutes

Les caméras qui la filment ne semblent pas troubler le sommeil de Lucie, confortablement installée dans sa couveuse. Né à seulement 32 semaines, le nourrisson est considéré comme un grand prématuré et fait donc l’objet d’une surveillance particulière au sein du service de néonatologie de l’Hôpital Sud à Rennes.

« Ils sont beaucoup plus fragiles que les nouveau-nés arrivés à terme avec un plus grand risque d’infections nosocomiales et un risque de mortalité plus élevée », indique le Pr Patrick Pladys, qui dirige le pôle femme/enfants du CHU de Rennes.

Mieux observer les mouvements et les sons du bébé

Pour réduire le taux de mortalité chez les grands prématurés et prévenir toute infection, les équipes du CHU de Rennes, aidées par celles des cinq autres CHU du Grand Ouest et des chercheurs de l’université de Rennes-1, viennent de déployer un nouveau dispositif de surveillance, baptisé Digi-NewB.

« Jusqu’à présent, les informations provenaient seulement du monitoring et de l’évaluation clinique des médecins et des infirmières. Avec l’aide de caméras et capteurs sonores, nous allons désormais pouvoir prendre en compte de nouvelles données comme les mouvements et les sons du bébé, ou alors son rythme cardiaque et respiratoire », précise Patrick Pladys.

Un projet soutenu par l’Union Européenne

Une fois récupérées, toutes ces données sont ensuite stockées dans un serveur qui, après de savants calculs, va envoyer des indices en continu au personnel médical sur l’état de santé du bébé. « L’intérêt est qu’il s’agit d’une approche non invasive. On évite les prises de sang ou l’installation de capteurs qui pourraient les perturber. Cela devrait aussi permettre de détecter les infections de manière plus précoce, et gagner ainsi du temps dans la prise en charge du prématuré », souligne le professionnel de santé.

Unique en son genre, ce projet suscite de grands espoirs au sein de l’Union Européenne qui vient d’accorder aux équipes un financement de 4,4 millions d’euros dans le cadre du programme Horizon 2020. « Ce projet va durer quatre années. Nous verrons ensuite les résultats pour voir s’il peut être déployé à plus grande échelle », espère Patrick Pladys.