Bretagne: Absents au Conseil régional, Les Verts chargent Le Drian

POLITIQUE Les écologistes critiquent le budget 2016 qui sera présenté à partir de jeudi…

Jérôme Gicquel

— 

La tête de liste écologiste aux régionales en Bretagne René Louail, ici le 8 décembre 2015 à Rennes.
La tête de liste écologiste aux régionales en Bretagne René Louail, ici le 8 décembre 2015 à Rennes. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Les écologistes bretons n’ont toujours pas digéré le coup de poignard dans le dos que leur avait asséné Jean-Yves Le Drian lors des dernières régionales. Créditée de 6,70 % des voix au premier tour, la liste conduite par René Louail avait alors voulu rejoindre la liste du ministre de la Défense, arrivée en tête avec près de 35 % des suffrages. Les écologistes avaient finalement été écartés, Jean-Yves Le Drian les trouvant trop gourmands sur le nombre de postes.

Conséquence de cette fusion avortée, aucun élu vert ne siège désormais au Conseil régional de Bretagne, qui se réunit à partir de jeudi pour le vote du budget 2016. « Cela a été une trahison. Jean-Yves Le Drian a tout fait pour qu’il n’y ait pas d’écologistes au Conseil régional. On constate d’ailleurs que l’environnement devient un sujet au sein même de l’hémicycle », dénonce René Louail.

« Les cochons bretons seront mieux logés que les lycéens »

Absents des débats, les écologistes entendent tout de même se faire entendre. « Notre voix compte comme celle des 80.000 Bretons qui ont voté pour nous », assure René Louail. Relativement discrets jusqu’à présent, Les Verts tirent ainsi à boulets rouges sur le budget 2016 de 1,29 milliard d’euros qui sera présenté en fin de semaine. « C’est la première fois depuis 2004 que l’on a un budget en diminution [en recul de 98 millions d’euros]. Nous attendions quand même plus de moyens pour pouvoir décider au pays », souligne le paysan, installé dans les Côtes d’Armor.

>> A lire aussi : Le Foll «croit en l'avenir de la filière porcine française»

Dans le viseur des écologistes, le plan porcin breton qui a été signé fin février à Rennes avec une enveloppe de 30 millions d’euros mise sur la table. « On continue à soutenir une production de masse qui a mal fonctionné jusqu’à présent, en aidant principalement les grosses exploitations. Et dans le même temps, le budget accordé aux lycées baisse alors que les bâtiments sont pourtant dans un état déplorable. Les petits cochons bretons seront bientôt mieux logés que les lycéens bretons », ironise René Louail.