Rennes: Faut-il armer la police municipale ?

SECURITE Suite à la demande des syndicats FO et Sud, l’opposition réclame un débat sur la question…

Jérôme Gicquel

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Illustration police municipale. Entrainement au tir des policiers municipaux
Illustration police municipale. Entrainement au tir des policiers municipaux — A. GELEBART / 20 MINUTES

Les policiers municipaux rennais craignent pour leur sécurité. C’est en substance le message adressé en début d’année par les syndicats FO et Sud à la maire de Rennes, réclamant dans un courrier l’armement des 62 agents.

« Cette demande ne date pas d’hier mais le contexte a changé avec les attentats de 2015. Les armes ne sont plus seulement cantonnées au grand banditisme, elles circulent dans les milieux de la petite et moyenne délinquance. Nous souhaitons donc être armés dans le cadre du principe de légitime défense », indique Jérôme Jourdan, délégué FO des agents municipaux de Rennes et lui-même policier municipal.

L’opposition souhaite une mission d’évaluation

« Ce n’est pas pour jouer au cow-boy ou dans le but d’utiliser ces armes. Mais un policier municipal doit pouvoir répliquer si jamais il se retrouve dans une telle situation. On n’a pas envie d’attendre un événement dramatique pour que les choses bougent », poursuit-il, rappelant le rôle renforcé des policiers municipaux dans les quartiers prioritaires.

Refusée par la municipalité, la demande des policiers municipaux a été appuyée ce lundi soir au conseil municipal par l’opposition. « Les policiers municipaux sont confrontés aux mêmes risques que les agents de la police nationale. Nous réclamons donc un débat sur la question de l’armement à travers la création d’une mission d’information et d’évaluation », a souligné Bertrand Plouvier, chef de file du groupe Alternance 2020.

« La question ne se pose pas » selon l’adjoint à la sécurité

Mais pas de quoi faire changer d’avis la municipalité qui, par la voix de son adjoint à la sécurité, avait fermé la porte à un débat vendredi dans les colonnes de Ouest-France. « La question des armes à feu ne se pose pas (…). Le contexte national ne justifie pas de faire évoluer les missions de la police municipale vers une mission d’intervention », avait indiqué Hubert Chardonnet.

Un avis partagé par Gaëlle Rougier, coprésidente du groupe écologiste à la ville de Rennes. « La police municipale n’est pas la police nationale. Elle doit rester une police de médiation et de tranquillité publique », a-t-elle indiqué ce lundi soir lors de la séance du conseil.