Rennes: Des défenseurs des migrants fichés par un site d’extrême droite

JUSTICE Une quarantaine de militants ont porté plainte et réclament la fermeture du site…

C.A.

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Joëlle, militante d'Un Toit c'est un droit et du MRAP, et Pierre, membre de Québriac Migrants Solidarité.
Joëlle, militante d'Un Toit c'est un droit et du MRAP, et Pierre, membre de Québriac Migrants Solidarité. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Ils sont une quarantaine au total. Tous fichés sur un site d’extrême droite, qui a pioché sur le net leurs photos, leurs communes de résidence, leurs situations familiales et les mouvements pour lesquels ils se battent. Ces militants en faveur des migrants en Bretagne ont porté plainte contre le site Breiz Atao.

Porté par le militant nationaliste Boris Le Lay, Lien : plusieurs fois condamné pour ses propos racistes et antisémites, le site a à plusieurs reprises publié des « fiches » sur des personnes que la rédaction décrit comme « les activistes les plus engagés à Rennes en faveur de l’afro-islamisation de la Bretagne ». «  Lien : Cela fait plusieurs années qu’ils utilisent ce procédé. Mais c’est la première fois que nous sommes aussi nombreux sur ces listes », expliquent les militants fichés.

« C’est glaçant, ça fait peur »

Bien décidés à faire retirer ces listes et « à faire fermer le site », les militants ont décidé de porter plainte pour injure publique et provocation à la commission de crimes et délits. Pour nombre d’entre eux, c’est la publication en décembre d’un éditorial où Breiz Atao évoquait sa volonté « d’écraser cet ultime nid de cafards » qui a motivé le dépôt de plainte. « C’est glaçant. Voir sa photo affichée par des gens qui vous détestent, ça fait peur », témoigne une militante.

Joëlle, militante du MRAP et d’Un toit c’est un droit, fait partie des 40 victimes. « Aujourd’hui il y a un contexte de montée de l’extrême droite en Bretagne. Il ne faudrait pas qu’il y a une forme de banalisation de ce discours. Ce site est crapuleux, on est au-delà de la liberté d’expression », témoigne la retraitée.

Un site anti-flics fermé

Le site évoque au quotidien les dangers de « l’envahisseur afro-musulman », et dénonce les « invasions migratoires de l’islam » dans des articles reprenant bien souvent des faits divers.

Hébergé aux Etats-Unis, le site, suivi par près de 6.000 fans sur Facebook, échappe à la législation française. Un procédé similaire avait été utilisé dans Lien : un blog baptisé Vengeance qui fichait les forces de police et membres d’institutions pénitentiaires. Ce site a depuis Lien : été fermé par les autorités.