VIDEO. Essai thérapeutique mortel: Les labos ne doivent pas «se prendre pour des alchimistes»

ACCIDENT La famille du volontaire décédé en janvier a déposé plainte contre X...

M.C.
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Guillaume, dont le frère est décédé en janvier à la suite d'un essai clinique, témoigne sur BFMTV.
Guillaume, dont le frère est décédé en janvier à la suite d'un essai clinique, témoigne sur BFMTV. — BFMTV

« Nous avons besoin de savoir ». Après la mort en janvier d’un volontaire lors d’un essai clinique à Rennes, sa famille veut des réponses, et a déposé plainte contre X au TGI de Paris. Laurent Molinet, le frère de la victime, témoigne dans plusieurs médias, évoquant « un souci de santé publique ».

Les proches du volontaire décédé expliquent être d’abord mus par le besoin d’informations : «Je veux savoir, nous voulons savoir, parce que je m’exprime aussi au nom de ma famille, mes frères et sœurs, mon père et ma mère», déclare Laurent Molinet au micro de BFMTV. «Certes, mon frère est décédé, mais je crois qu’il y a un souci de santé publique derrière », estime-t-il. Pour lui, « il est temps aussi de dire aux laboratoires qu’ils ne peuvent pas faire tout et n’importe quoi et surtout de ne pas se prendre pour des alchimistes, des magiciens ».

«Caractère stupéfiant et inédit» de l'accident

Au Parisien, il explique que «Guillaume aurait dû être joker, c’est à dire remplaçant, lors de cet essai, en réserve d’une cohorte de six personnes qui allaient prendre le médicament. » Il dit avoir «tenté de dissuader» son frère d’y aller, «car il y avait ces histoires d’effets secondaires des médicaments dont on entend parler». Quatre des cinq volontaires qui ont survécu présentaient des lésions cérébrales.

Un groupe d’expert, dans un rapport rendu lundi soir, avait noté le «caractère stupéfiant et inédit» de l’accident, «ne s'apparentant a priori à rien de connu», et relevé que certains des volontaires étaient « relativement âgés » pour ce type de tests. A côté de problèmes de tension par exemple, ils évoquaient «un antécédent de traumatisme crânien grave» chez l'un d'eux.

Guillaume «était en excellente santé, rétorque son frère dans Le Parisien. Comme de nombreuses personnes, il lui est arrivé de fumer un peu de cannabis. Mais il avait arrêté depuis plusieurs années. On a dit aussi qu’il avait un traumatisme crânien...mais il avait six ans, ça n’avait rien à voir». Six volontaires, participant à l'essai clinique de Phase 1 de cette substance, avaient été hospitalisés en janvier à Rennes et l'un d'eux était décédé. Quatre des survivants présentaient des lésions cérébrales et un autre aucune.